Les applications mobiles pour les musées, quel rôle ?

Suite au précédent article sur la modération des commentaires des blogs de musées à l’occasion du débat Tate “Should museum make apps ?”, j’ai décidé de relire tranquillement tous les avis des internautes, de compiler leurs idées et d’y ajouter les miennes (de façon tout-à-fait modeste, s’entend !).

Comme je vous le disais, ce débat, sponsorisé par Vodafone a fait couler beaucoup d’encre ou tout du moins beaucoup excité les claviers. Les commentaires (apportant leur pierre à l’édifice) étaient donc nombreux.

La plupart des participants ( 33%) s’accorde à dire que l’application doit avant tout apporter un contenu éducatif, complémentaire par rapport au musée ou à l’exposition qu’elle vise. Chose amusante, ils ne sont que 3 (0,6%) à pointer le fait que le musée doit d’abord se poser la question de ses objectifs avant de créer une application pour une application.

Celle-ci doit être simple (0,8%) et permet de continuer l’expérience de la visite voire de fidéliser les visiteurs (25%). Selon certains internautes, les musées (d’art contemporain) auraient intérêt à collaborer avec les artistes sur des applications communes, que celles-ci puissent être un prolongement de leur oeuvre d’art voire faire participer les visiteurs avec une dimension collaborative (10%).

Enfin, nombreux sont les participants à souligner que les applications concernent principalement un marché de niche, tablant souvent sur les iPhone au lieu de de se diversifier sur les plateformes Androïd ou Windows Phone, souvent moins chères.

Sur ce dernier point, il faut reconnaître que l’absence des musées sur ces deux dernières plateformes et notamment Windows Phone est flagrante.  Possédant ce dernier, j’ai fait dernièrement l’acquisition d’un iPhone pour (enfin !) me permettre de jeter un oeil sur les applications-phare de certains musées. Et encore, je suis une #museogeek ! (cf Twitter).

Bref, une application pour mobile, à quoi ça sert ?

Il convient en effet au musée (ou à la structure culturelle) de se demander, dans un premier temps, pourquoi elle veut une application. Dans quel but ? Pour quels objectifs ? Médiation culturelle (est-ce que cela va apporter quelque chose en plus des audioguides et des parcours de visite tactiles ?) ? Fidélisation des publics (y a-t-il une stratégie de fidélisation des publics déjà en place dans le musée ?) ? Marketing (quel public souhaite-on cibler et pourquoi ?) ? Qu’est-ce que cela peut apporter en plus de la version mobile du site ?

Bref, beaucoup de questions. Une fois ces questions résolues (vous savez enfin pourquoi vous voulez avoir une application et vous avez les financements) et pour y voir plus clair, je propose une petite démarche toute simple :

  1. Mettre en avant les informations pratiques : (horaires, tarifs, programmation). Bref, quasiment le contenu de votre site (qui peut avoir une version mobile) et ce de façon parfois plus pratique que sur un site mobile. Il faut aussi noter que ces informations font partie des rubriques très consultées des sites web de musées.
  2. Donner un contenu complémentaire pendant l’exposition : le téléphone portable des visiteurs (uniquement les smartphones, vous l’aurez compris) devient le nouvel audioguide personnel et interactif. Au fur et à mesure de la visite, le visiteur a des informations complémentaires. Cela ne révolutionnera pas votre structure.
  3. Prolonger l’expérience : Là, une application devient intéressante. Les applications de cet ordre-ci (Streetmuseum, Victoria’s Field Guide, Launchball, etc.) ne font pas de liens directs avec le musée mais utilise ce dernier comme source de contenu et qui enrichit l’expérience du visiteur. Ce stade-ci demande également de dépasser en interne les frontières entre les services : collections, public, marketing ou communication, tout y passe. Chacun de ces services a un intérêt à se voir développer ce genre d’appli et notamment dans le cadre de la politique de fidélisation des publics du musée (pour l’instant pas d’études sur ce point, mais elles mériteraient d’être menées).
  4. Aller au-delà : ce niveau-ci sera atteint lors qu’un musée aura créé quelque chose de complètement fou mais novateur. Quelque chose de nouveau qui puisse susciter à la fois le buzz et l’adhésion…

Sachez que si vous n’êtes pas prêt ou si vous n’avez pas les moyens de développer une application, ce n’est pas grave. En France, seuls 23% des musées en ont une.

 

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10 Commentaires

  1. Carpe Webem
    6 août 2011 at 18:51 Répondre

    Je me contente tout à fait à ce jour du dossier de presse et de ce que je trouve dans l’exposition… mais j’avoue que je vais prochainement passer de Blackberry à iPhone, pour les mêmes raisons que toi !

    • C&C
      6 août 2011 at 19:10 Répondre

      Oui moi aussi… avant. En fait, je suis allée, il y a un petit bout de temps à l’expo “Le trésor des Incas” à la Pinacothèque de Paris et l’appli iPhone avait vraiment l’air super sympa (et surtout très pratique au vu de l’affluence… il y avait tout un tas d’infos complémentaires sur mobile !)…
      Bref, c’est à se demander si les musées ne nous pousseraient pas à consommer de l’iPhone ! (mmmh, vais peut-être faire un article sur ça !)

  2. Les applications mobiles pour les musées, quel rôle ? | Institution culturelles et technologies digitales | Scoop.it
    7 août 2011 at 18:05 Répondre

    […] Les applications mobiles pour les musées, quel rôle ? Application du musée de la civilisation du Québec pour lexposition Copyright humain La plupart des participants ( 33%) s'accorde à dire que l'application doit (Les applications #iPhone #Android et autres pour les musées, à quoi… Source: https://www.culture-communication.fr […]

  3. Degroisse Stéphane
    9 août 2011 at 08:05 Répondre

    Le musée des Beaux-Arts de Lyon a une application iphone et disponible sur Android également. Nos budgets extrêmement limités nous obligent à établir des priorités hélas. L’appli est en tout cas gratuite, l’audioguide des collections est disponible (135 sons), 5 parcours thématiques sont proposés dont les chefs-d’œuvre du musée ; infos pratiques bien entendu ; une version anglaise ; des vidéos HD des collections. C’est un guide de 5000 d’histoier de l’art dans sa poche, avec du vrai contenu et pas uniquement un produit d’appel comme on le voit souvent. Un version Lite et une version complète sont dispos sur l’appstore.

    • C&C
      9 août 2011 at 13:29 Répondre

      Oui c’est vrai que le MBA de Lyon a une vraie politique d’accessibilité à la culture. A noter également que des audioguides sont compris dans le billet d’entrée pour les visites et qu’il est possible d ‘utiliser son lecteur mp3 ou encore son téléphone (non smartphone) en tant qu’audioguide en téléchargeant des contenus sur le site.
      Merci Stéphane pour voter commentaire. Il est vrai que les applications servent (un peu encore trop souvent à mon sens) de produits d’appel pour une exposition ou un musée en mal de renouveau.

  4. Les musées sont-ils sponsorisés par Apple ?
    21 août 2011 at 10:49 Répondre

    […] à mon précédent article où je m’interrogeai sur le rôle des applications mobile au coeur du musée, je me suis un peu renseignée sur le partage des parts de marché des différents systèmes […]

  5. Jean Ollion
    25 août 2011 at 06:18 Répondre

    Bonjour,
    Peut-être cette application sur tablette électronique (iPad, mais chut!) vous interssera-t-elle, au cas ou elle vous aurait échappée ?
    Présentation du jeu des métiers
    Ce jeu interactif était proposé au sein de l’exposition “Le musée des Confluences dévoile ses réserves” présentée au musée gallo-romain de Lyon Fourvière du 16 déc 2010 au 8 mai 2011.
    Présentation de l’expo ici.

    Cordialement

    Jean Ollion

    • C&C
      25 août 2011 at 13:36 Répondre

      Effectivement ! Mais heureusement, vous avez réparé cet oubli !! Juste une question, vous louez les iPad ?

  6. Les applications mobiles pour les musées...
    31 mars 2014 at 12:08 Répondre

    […] Suite au précédent article sur la modération des commentaires des blogs de musées à l’occasion du débat Tate « Should museum make apps ? », j’ai décidé de relire tranquillement tous les avis des internautes, de compiler leurs idées et d’y ajouter les miennes (de façon tout-à-fait modeste, s’entend !). Comme je vous le disais, ce débat, …  […]

  7. Les apps à réalité augmentée, une vraie tendance ? | Culture et Communication
    17 août 2015 at 02:43 Répondre

    […] à réalité augmentée grand public sont véritablement apparues en 2011-2012, parmi elles Street Museum du Museum of London (2011), Montréal avant (qui existe aussi pour d’autres villes comme Tampa, Vancouver, […]

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