Pour communiquez, construisez votre réseau en ligne !

Lorsque l’Internet devint grand public au milieu des années 1990, les responsables de grandes institutions, administratives, financières ou encore culturelles, ont commencé à créer des groupes de travail sur l’usage et les bonnes pratiques que pouvait impliquer ce nouveau média. C’est ainsi que les musées, réalisant qu’il leur était possible de l’exploiter à des fins éducatives, culturelles mais aussi commerciales, se sont lancés dans une expérience innovante et originale : celle de créer un musée virtuel parallèlement au musée réel. L’évolution des musées virtuels sur la toile peut être comparée à l’évolution de l’Internet. En effet, la fonction première d’Internet était, à ses débuts, de créer un système d’échange de données et de savoirs entre universitaires et chercheurs du monde entier. Ce réseau devint également le symbole d’une société de consommation de masse. Les musées virtuels sont donc devenus, au fur et à mesure, de plus en plus ludiques et attractifs et proposent désormais des produits dérivés de leurs expositions et des services payants en ligne.


Des techniques coûteuses ?

Cependant, de telles techniques impliquent encore des coûts importants car le développement d’un site web d’une structure ne peut être pensé sans avoir été intégré globalement à la politique de communication, de médiation mais également de conservation. Il faut par conséquent souvent créer un poste à temps plein de webmaster, à la fois interface entre l’équipe administrative et l’équipe technique mais également responsable à part entière de la politique de communication Internet. Le simple fait d’embaucher un nouveau salarié, sans compter les coûts inhérents au développement et à l’entretien d’un site, peut coûter extrêmement cher à une petite structure muséale. Pourtant, leur engouement pour le web semble identique même si les techniques utilisées diffèrent.

Musenor Page d’accueil de Musenor.com

L’exemple de Musenor.com, site Internet de l’association des conservateurs des musées du Nord-Pas-de-Calais, illustre parfaitement cette position. A l’origine, ce site a en effet été créé pour donner une meilleure visibilité aux différents musées de

la région Nord-Pas-de-Calais et leur permettre de mettre en commun à la fois une base de données sur leur collection, mais également plusieurs projets d’expositions thématiques. L’association a été créée en 1975 et est une section fédérée de l’Association générale des conservateurs des collections publiques de France. Elle regroupe près de 50 conservateurs et attachés de conservation travaillant dans une trentaine de musées de la région.A l’heur où les subsides se font de plus en plus rares, avec entre autres l’augmentation croissante des structures culturelles et du nombre de musées dans le cas qui nous intéresse ; la communication, le marketing et la médiation occupent de choix dans cet univers concurrentiel. Musenor a donc choisi de faire jouer les économies d’échelle en travaillant en réseau pour mutualiser ses coûts.
Un réseau actif et dynamique

Grâce à l’investissement des différents membres de l’association mais également de son personnel, le réseau développé par Musenor.com est particulièrement actif. De plus, le fait que l’association soit une association de personnes (les conservateurs) et non de structures muséales, son budget est indépendant des différents musées, lui permettant de bénéficier d’une relative autonomie pour lancer des activités innovantes et particulièrement fonctionnelles.
Le site Internet constitue une opportunité pour l’association car lui permet de créer des expositions virtuelles en rassemblant certaines œuvres de plusieurs musées en un seul et même endroit :

la Toile. La création de ce type d’exposition découle donc en partie d’un désir de rendre ces collections accessibles à un public parfois éloigné, mais elle rentre aussi dans le cadre d’une dynamique du site en créant de l’événementiel. Leur réalisation est très rentable en termes de communication, mais aussi en termes financiers puisqu’ici les événements concernés ont un coût proche de zéro, les collections étant déjà informatisées et le mini-site développé en HTML. La structure n’a plus qu’à créer du texte, facilement disponible auprès des conservateurs des musées concernées. Enfin, de tels événements créent souvent une demande et un besoin auprès des visiteurs du site d’aller voir les œuvres sur place dans un musée.
Un outil rentable de communication et de développement
Les différents musées dont les conservateurs sont membres de l’association ont des missions, des budgets et un fonctionnement extrêmement différents. Anne-Sophie Legrand, chef de projet à Musenor.com, a par conséquent décidé en 2002 de réactualiser le site pour présenter la base de données et les collections de la région mais aucunement pour présenter les animations ou les activités des musées. Il lui a donc fallu créer une structure minimum dans laquelle toutes les données pouvaient être saisies de la même manière et permettre de créer une image propre à Musenor.com. C’est également en cela que le réseau Musenor.com est original. En effet, il ne cherche aucunement à faire la promotion des musées dont les conservateurs sont membres de l’association, il met en valeur avant tout les collections de ces musées en les informatisant et les présentant sous forme d’expositions virtuelles. Les musées bénéficient ensuite de retombées indirectes grâce au nombre de visiteurs du site Internet (car certains musées n’ont pas de visibilité sur la toile hormis avec le site de Musenor.com), mais en aucun cas ils ne développent une activité commerciale ou proprement promotionnelle.
La création d’expositions temporaires sur le site a accru considérablement le nombre de visites. Musenor.com accueille en effet 3500 connexions mensuelles sur sa page d’accueil ! Ceci est considérable étant donné l’influence de la plupart des musées présents sur le réseau. Ces événements, comme l’exposition ” La peinture nordique de 1400 à 1550 “, ont un impact particulièrement fort en terme de visites des musées. Si on peut aisément comptabiliser les visites sur le site de Musenor.com pendant une période donnée, les musées qui sont présents sur le site ne font malheureusement aucun calcul de fréquentation de leur lieu d’exposition. Il est par conséquent dommage de ne pouvoir chiffrer le succès d’une telle opération. Cependant, selon Bruno Gaudichon, conservateur de La Piscine -Musée d’Art et d’Industrie André Diligent de Roubaix, sa structure connaîtrait une bonne fréquentation en général, la Piscine est en effet classée 5e musée au classement national !

Aude Mathey

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