Quand les expositions sont interdites aux moins de 16 ans

Nous sommes habitués à ce que certains films soient interdits aux moins de 16 ans, le cas est nettement plus rare lorsqu’il s’agit d’expositions.

Le British Museum, très prisé des touristes au Royaume-Uni, a en effet décidé d’instituer, comme au cinéma, une limite d’âge pour sa prochaine exposition consacrée à l’art érotique japonais, en raison du contenu «sexuel explicite» des gravures anciennes présentées.

Le musée d’Art Moderne de la Ville de Paris avait également interdit l’exposition “Larry Clark” aux mineurs en 2010, qui pourtant comportait des photos d’adolescents nus…

Cependant, souvent les expositions de ce type sont censurées a posterio, lors d’une plainte. Tel a ainsi été le cas de l’exposition au CAPC de Bordeaux “L’art contemporain et l’enfance” ou encore pour la galerie Helenbeck qui s’est vue obligée de soustraire le tableau de Gilles Traquini aux yeux curieux des passants, l’affichage du tableau s’apparentant selon la police à un attentat à la pudeur…

Les raisons invoquées sont souvent que les oeuvres représentent la nudité, voire un caractère sexuel explicite.

Dans le cas du British Museum, les parents vont donc être informés que les «enfants de moins de 16 ans doivent être accompagnés par un adulte et que les oeuvres exposées présentent un caractère sexuel explicite», a indiqué une porte-parole du musée, situé au coeur de Londres.

L’exposition, qui doit débuter en octobre, est consacrée aux shunga, des gravures japonaises érotiques, un genre qui a connu son apogée aux 17e et 18e siècles. Lors d’une présentation à la presse cette semaine, le British Museum a ainsi dévoilé une oeuvre de l’artiste Katsushika Hokusai qui montre les ébats amoureux d’une femme avec deux pieuvres ou celles de Utagawa Toyoharu sur les Courtisanes de la maison Tamaya, qui datent des années 1770 ou 1780.

«C’était une école où se formaient les putains. Cela montre toutes les compétences qu’une putain de talent devait posséder», résume le directeur du British Museum, Neil MacGregor.

Vases en terre cuite "Masturbation", exposition Pérou MBAM © Culture et Communication

Vases en terre cuite "Masturbation", exposition Pérou MBAM © Culture et Communication

L’érotisme est présent dans de très nombreuses expositions, le sexe étant une des sources de créativité des artistes. La dernière en date que j’ai faite et qui m’a surprise à ce niveau-ci était “Pérou : royaumes de la lune et du soleil”.

Il est vrai que toutes les oeuvres exposées dans les musées soient accessibles de la même façon au public. Chaque personne interprète ce qu’elle voit en fonction de son histoire, sa culture, mais également sa maturité. Quand on sait qu’au Royaume-Uni, l’âge moyen des premières relations sexuelles est de 15,3 ans, il est navrant de voir que cette exposition, somme toute d’art érotique, soit interdite à un public, qui est en mesure de le comprendre et à qui l’explication de ce genre d’oeuvre peut apporter quelque chose. Cette oeuvre est donc aujourd’hui accessible en ligne, sans censure aucune bien sûr, mais sans médiation non plus. Tout comme le British Museum s’est borné à le faire, pour cette exposition, laissant les parents gérer sa mission.

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