La Villa Médicis : lieu de création et de rayonnement culturel

  Muriel Mayette-Holtz, la nouvelle directrice, a accepté de répondre à quelques questions. Comédienne et metteure en scène, elle a été l’administratrice générale de la Comédie-Française de 2006 à 2014. En septembre 2015,  elle est nommée à la tête de la Villa Médicis pour une durée de trois ans.

La Villa est une très vieille institution qui héberge depuis 1803 l’Académie de France à Rome. Quel est son rôle ?

Sa mission première est d’abriter des pensionnaires (Mission Colbert). Ainsi, nous accueillons chaque année – en septembre – une nouvelle promotion, sélectionnée par un jury dans toutes les disciplines de la création artistique (le design, la littérature, la photographie, etc).

Notre objectif est aussi de mettre en valeur ces boursiers, de leur donner une visibilité en France et à l’international à travers des événements dédiés (mission Malraux).

Enfin, nous avons une mission de conservation et valorisation du patrimoine de la Villa, tant au niveau du bâtiment et des jardins que des importantes collections d’œuvres d’art conservées en ce lieu (mission Patrimoine).

Qu’en est-il de la médiation et de l’accessibilité : la Villa Médicis est-elle ouverte sur la ville et ses habitants ?

Nous demandons aux résidents, qui viennent de tous les pays, de parler français ou anglais et italien (ou d’apprendre cette langue). Cette année, sur 508 candidatures, nous avons comptabilisé 31 nationalités. Il me semble primordial que les résidents ne soient pas uniquement concentrés sur leur travail mais qu’ils communiquent entre eux, qu’ils échangent, qu’ils se rencontrent.

Ils doivent aussi être en contact direct avec les habitants. Ainsi, lors des Jeudis de la Villa, cycles de rencontres gratuits instaurés en février 2016 qui interrogent la création contemporaine, les artistes invités et les pensionnaires peuvent échanger avec les visiteurs.

En parallèle, nous proposons au grand public des expositions. Par exemple, du 14 octobre 2016 au 17 janvier 2017, nous présentons 350 ans de création, les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours

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Il y a aussi des colloques, des concerts, des visites guidées à travers des parcours spécifiques, etc. En outre, nous avons des activités pédagogiques à destination des classes de l’enseignement primaire et secondaire (visites guidées, ateliers, cours, etc). À la rentrée 2015-2016, nous avons étendu nos actions aux établissements de l’enseignement supérieur.

Les artistes sont totalement impliqués dans la programmation culturelle afin qu’ils soient partie prenante et puissent apporter leurs idées, leurs sensibilité, leur intuition.

Comment palliez-vous à la baisse des subventions ?

La Villa a un budget d’environ 9 millions d’euros (dont 2 millions d’autofinancement grâce aux visites payantes, aux expositions, aux chambres d’hôtel, etc). Mon but est aussi d’attirer des mécènes avec la création d’un cercle des Bienfaiteurs. Je pense en plus mettre en place un fonds de dotation (avec l’accord du conseil d’administration) pour donner plus d’autonomie à l’institution.

Quelle est la part du numérique tant en matière de communication que de projets ?

La Villa Médicis s’est adaptée aux nouvelles manières de communiquer. Nous avons très largement diminué la communication papier au profit d’une communication digitale car c’est sur Internet et les réseaux sociaux que tout se passe aujourd’hui. Par exemple, nous avons une grande communauté sur Facebook (presque 52 000 followers). Nous sommes aussi très présents sur Twitter (environ 3 500 abonnés) et sur Instagram (environ 3 400 abonnés).

Le numérique commence aussi à tenir une place de plus en plus importante dans les arts plastiques. Nous travaillons donc à offrir le maximum de possibilités et de supports aux pensionnaires.

Quelques mots sur le festival Viva Villa ?

La Villa Médicis s’est associée à la Casa de Velàsquez à Madrid et la Villa Kujoyama à Kyoto pour proposer une manifestation commune à Paris. L’idée est de créer un festival hybride (toutes disciplines confondues) qui permet au public français de découvrir les œuvres récentes des artistes accueillis par ces trois grandes institutions.

L’édition zéro, qui a eu lieu en septembre sur le thème du dépaysement, nous a permis de faire partager l’esprit de ce nouveau festival.

D’autres institutions de résidences pourraient tout à fait nous rejoindre comme le projet « Médicis Clichy-Montfermeil », une résidence d’artistes, jumelée avec la Villa, qui sera construite à la place de la tour Utrillo (ancienne tour de bureaux promise à la démolition cette année).

Le but est vraiment d’ouvrir ce festival à un maximum de résidences.

Le mot de la fin ?

Au cours de ces trois ans, mon objectif est que cette belle institution soit solide afin que le grand public saisisse toute l’utilité et la nécessité de la Villa Médicis.

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