Culture et subventions : attention danger !

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Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : l’État et les collectivités publiques n’ont plus les moyens de payer ! Crise oblige, les baisses voire suppressions de subventions continuent donc d’entraîner la fermeture de festivals et d’établissements culturels.

Toutefois, les pouvoirs publics sont-ils les seuls responsables de cette situation catastrophique et dommageable pour la culture et pour les emplois liés ?

Une exception française

En France, la culture est très largement subventionnée. Cet investissement public permet la multiplication et la variété des manifestations, indispensables au développement et au rayonnement des villes. Pour rappel, ces dernières ont l’obligation de faciliter l’accès à la culture de tous les citoyens, sans exception.

Les revers à cette médaille ?

  • La culture est la première touchée par les coupes budgétaires en période de crise
  • Les structures subventionnées sont trop dépendantes des fonds publics
  • Les changements de majorité aux élections ont un impact direct sur les projets en attente de subventions
  • Certains élus interviennent sur le contenu même des programmations

Qu’en est-il des structures culturelles elles-mêmes ?

Un manque de proactivité

Depuis mars 2014, plus de 200 lieux ont fermés et festivals annulés, tous arts confondus (cinéma, danse, théâtre, musique, art de la rue, etc.). D’autres, en grande difficulté financière, gèrent le quotidien dans l’urgence, dans l’immédiateté, totalement dépendants des pressions extérieures.

Pourquoi une telle hécatombe ?

Certains des acteurs n’ont pas su, d’autres n’ont pas pu faire face à une conjoncture économique difficile mais pourtant prévisible. Et c’est là que le bât blesse. D’où vient ce manque de proactivité et d’anticipation ? Cette absence de vue à long terme ?

D’un côté, obtenir une subvention peut favoriser l’émergence d’une certaine zone de confort dans laquelle il est très simple de s’installer si on ne reste pas sur ses gardes.

De l’autre, il est clair que beaucoup de ces structures n’ont pas compris le rôle prépondérant de la communication. Pour exister, vivre, faire venir et fidéliser les publics, il faut mettre en place une vraie stratégie. Malheureusement, les dépenses pour ce poste central sont souvent la cinquième roue du carrosse.

Alors, comment assurer au mieux une mission de service public dans une économie si chahutée ?

Pour une diversification des fonds

La culture est un bien public. Pas un luxe privé. L’État et les collectivités territoriales ne doivent nullement se désengager. Néanmoins, l’art ne doit plus dépendre majoritairement du bon vouloir des élus. Il est indispensable de faire évoluer les pratiques et les mentalités. Ainsi, pour assurer leur avenir et aller vers une plus grande autonomie, les établissements culturels doivent changer leurs façons de penser, de travailler et d’agir. Ils doivent être beaucoup plus inventifs :

  • En développant au maximum leurs propres ressources financières de manière pertinente et créative
  • En faisant appel au mécénat privé et à cette nouvelle forme d’économie solidaire qu’est le financement participatif (attention toutefois à ne pas développer une nouvelle dépendance)
  • En mutualisant de manière pertinente les services, les moyens, les achats et surtout la communication !

Cette multiplicité vertueuse permettra indubitablement encore plus de qualité tout en maintenant cette fameuse diversité culturelle, si importante de nos jours.

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