Musée du Louvre : popularité et fantasmes

On l’a appris avec stupeur, un peu plus tôt cet été que le musée du Louvre n’était plus le musée le plus populaire au monde. Pourtant le deuxième plus grand musée au monde a longtemps “trusté” la première place, bénéficiant de l’attrait touristique de Paris mais aussi d’une collection riche, de nouveaux espaces d’exposition agrandis, d’une programmation mêlant les genres et suscitant surtout de nombreux fantasmes de part son architecture, ses collections (encore et toujours) et son histoire.

Un musée de fantasmes

Au-delà du fantasme purement sexuel de Beyoncé, rêvant de faire l’amour avec son époux dans le musée, le musée suscite l’intérêt par ses collections tout d’abord. Le musée du Louvre s’est retrouvé mêlé à une mini-affaire d’État en octobre 2009, lorsque l’Égypte manifeste son souhait de récupérer des fragments de fresques qui figuraient sur le tombeau d’un dignitaire de la XVIIIe dynastie. L’Égypte met en doute la bonne foi du musée entourant l’achat des dites stèles et lors de l’enquête on découvre que le ministre de la culture égyptien Fariq Hosni, qui pensait bénéficier du soutien de la France, n’a pas été élu à l’Unesco. Finalement, les éléments de la fresque posant problème ont été déclassés afin de pouvoir les restituer, créant de ce fait un précédent.

Musée du Louvre – crépuscule © kalimevole – stock xchng

Les collections du musée sont enfin la source de nombreux scenarii, comme Belphégor le fantôme du Louvre ou encore le Da Vinci Code de Dan Brown, le premier mettant en scène le fantôme d’une momie (les Égyptiens sont décidément partout !), le deuxième tournant autour de la Joconde.

Et d’ailleurs, la Joconde de Léonard de Vinci a une grande part de responsabilité dans la production de ces fantasmes. En effet, l’oeuvre du génie italien n’a de cesse de se faire interroger les scientifiques quant au genre du sujet peint, mais aussi par l’interprétation psychanalytique de l’arrière plan de l’oeuvre.

L’architecture, ensuite, suscite de nombreuses légendes comme celles entourant la Pyramide du Louvre. On les avait peut-être oubliées, mais elles sont réapparues avec le discours de victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle. D’aucuns se sont ainsi intéressés aux symboles soit-disant maçonniques voire d’une société secrète : les Illuminati.

Malgré tout, sa popularité est en berne

La faute à des fantasmes et un musée rêvé qui peine à se renouveler ?

En effet d’après le classement de the Themed Entertainment Association (TEA) et relayé notamment par CNN, le Louvre a perdu sa place de leader mondial et se retrouverait relégué à la troisième place des musées les plus fréquentés au monde. En 2016, le musée aurait accueilli 7,4 millions de visiteurs, soit une baisse de 13% par rapport à l’année précédente. Il serait donc devancé par un musée américain, le musée de l’air et de l’espace du Smithsonian Institution et le musée national de Chine.

Cette chute est-elle pour autant due à un désamour du public envers l’un des plus grands musées au monde ? Pas si sûr. Il est vrai que les attentats de 2015 et 2016 ont rendu le public un tout petit peu moins téméraire en ce qui concerne la fréquentation de lieux populaires. D’ailleurs bien que la France reste la première destination touristique mondiale en 2016, elle a tout de même perdu près de 3 millions de visiteurs par rapport à 2015.

Cependant, ce volume seul ne saurait expliquer la baisse importante du musée. Ce dernier avance aussi la fermeture du musée pendant quatre jours et le durcissement du plan Vigipirate qui lui aurait fait perdre beaucoup de ses groupes scolaires habituels (une baisse d’environ 30% par rapport à 2015). Peut-être les expositions ont-elles aussi su moins satisfaire ou attirer le public ? En 2017, néanmoins, le succès de l’exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre devrait aider à rehausser la barre, le musée ayant été victime apparemment d’un afflux tel de visiteurs qu’il n’a su tous les accueillir.

 

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