Des oeuvres de jeunesse pour le Festival de Prades au Théâtre des Champs Élysées

Le Théâtre des Champs Elysées offre cette année, et ce depuis 22 ans, une succession de concerts de musique de chambre issus de la programmation du 65ème Festival Pablo Casals de Prades. Ce Festival qui fête cette année ses 65 bougies, aura lieu du 26 juillet au 13 août 2015, et porte le nom en hommage de son créateur le violoncelliste Pablo Casals qui avait trouvé refuge pendant la période franquiste dans la ville de Prades, au pied du Canigou.
Un Festival qui fut le théâtre de représentations d’interprètes des plus renommés, comme Joseph Szigeti, Isaac Stern ou encore Clara Haskil.

Cette tradition d’excellence se poursuit encore de nos jours notamment grâce à la direction de la programmation par le clarinettiste Michel Lethiec; qui a su s’entourer d’un ensemble de musiciens de chambre jouant en harmonie des oeuvres de jeunesse de Richard Strauss et Gustav Mahler ainsi qu’un quintette de Johannes Brahms; avec comme fil rouge deux réalisations articulées autour des essences du cor et de la clarinette.

Des pièces toutes interprétées avec brio et sublimées par l’acoustique apprêtée de ce Théâtre des Champs Élysées dont les ors resplendissent les différentes prouesses opérées ce soir du 21 Mars 2015.

L’accent de cette soirée fut mis sur la variété des formes, partant d’un poème symphonique, intitulé Till l’espiègle, composé en 1894 par Richard Strauss; interprétée nommément par Michel Lethiec, reproduisant par son jeu de clarinette en mi bémol l’esprit émerillonné de Till sur fond d’une structure inspirée d’un rondo, reflètant des sonorités étonnantes comme le jeu du clarinettiste Michel Lethiec, et des harmonies dissonantes voire nasillardes, parfois aux accents exotiques contre-balancés par le basson.

La mezzo-soprano écossaise Allison Cook donna de la voix pour “Quatre chants d’un compagnon errant” de Gustav Mahler dont les paroles basées sur un amour déçu, étaient ainsi loin de traiter de bonheur. D’une large tessiture, à l’aise dans les graves et offrant au public une variété d’expression.

Alexandre Plateaux

Le salut final des “Quatre chants d’un compagnon errant”

Pour en finir en apothéose avec le quintette avec piano en fa mineur opus 34, composé par Johannes Brahms entre 1862 et 1864 après plusieurs remaniements instrumentaux qui survécut à l’époque aux habitudes du compositeur de détruire ses oeuvres insatisfaites. Quatre mouvements quadrillés par l’énergique pianiste israélien Itamar Golan, qui rythmèrent cette oeuvre étonnante pour son instrumentalisation, au gré des envolées des cordes des violonistes Boris Brovtsyn et Fumiaki Miura ainsi que par le flegme suranné de l’altiste roumain Vladimir Mendelssohn. Les thèmes s’échangent entre les instruments et arrivent à une obsession.

65ème Festival Pablo Casals de Prades, du 26 juillet au 13 août 2015.
prades-festival-casals.com
04 68 96 33 07

Article réalisé avec le concours de Pierre-Yves Tardy

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