La Cité de la Tapisserie d’Aubusson jette son dévolu sur l’univers merveilleux de Tolkien

Un an après son inauguration, la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson regorge de nouveaux projets.

Non satisfaite d’avoir relancé l’Art ancestral de la Tapisserie à Aubusson grâce notamment au succès de sa première année d’existence et ses 55000 visiteurs, la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson a de multiples projets dans ses cartons pour dynamiser la filière. Ce, après des décennies de baisse conséquente de présence des artisans tisseurs, passés notamment de 16 à 2 entre 2000 et 2012.


Une Nef des Tapisseries sans cesse améliorée avec des ajouts d’Oeuvres qui tournent dans l’espace d’exposition publique, permettant une rotation dans les réserves et un renforcement du lien avec le visiteur grâce à ces nombreuses bornes interactives. Une richesse des coloris pour certaines tapisseries dont cette Oeuvre du XVIIIème siècle, inspirée du travail d’Oudry, comportant près de 2000 couleurs différentes et une centaine de nuances par visage.

L’événement de cette année 2017 est le partenariat de la Cité de la Tapisserie avec les héritiers de l’artiste J. R. R. Tolkien, représentés par l’entité Tolkien Estate, ayant pour finalité de célébrer l’univers fantastique de l’artiste à travers l’interprétation graphique sur 13 tapisseries (entre 5 et 8m2 de surface) et un tapis (de 12 à 15m2), couvrant les récits envoyés, au début des années 1930, à ses enfants provenant des “Lettres du Père Noël” ainsi que des illustrations de ses ouvrages tels que “le Hobbit”, dont on fête les 80 ans, “le Seigneur des Anneaux” ou encore “l’Histoire de la Terre du Milieu”, à partir notamment de fac-similés d’originaux basés à Oxford.
Cette collaboration prolonge une tradition de la tapisserie d’interprétation, notamment de nouvelles littéraires, caractérisant la tapisserie d’Aubusson, à contrario de la tapisserie de lissier-créateur.

Chacune des tapisseries sera soumise à un appel d’offres local, dont la première sera terminée début 2018, pour un projet global, d’un budget supérieur à 1 million d’euros (réparti entre du mécénat et du financement public), s’étalant jusqu’en 2020, en accord avec les directives de la famille de l’artiste mais également des différents cartonniers qui adapteront ces miniatures à l’échelle de ces grands formats. Les ouvrages suivants seront ensuite démarrés au fur et à mesure de l’achèvement des précédents puisque les droits sont cédés gracieusement.
Le projet fut présenté au public à Aubusson du 30 juin au 19 septembre 2017.
La réalisation sera rendue possible grâce à une méthode dite chinée, née d’un alliage de différents fils de couleur en lieu et place d’une méthode des années 20 davantage focalisée sur des techniques de rénovation et basée sur de la hachure, technique utilisée ici pour le projet Tolkien.

Autour de la Cité, de nombreux sites à visiter et à tisser

Le Musée des Cartons
, initié par Chantal Chirac grâce à ses activités de collection et de rénovation de ces épreuves préparatoires à l’élaboration de tapisseries, qu’on appelle donc cartons puisqu’ils permettent d’appréhender la maquette d’une tapisserie d’un aspect coloriste.
Dans cet atelier-musée, on en trouve sous toutes les formes et également à la vente puisque c’est un lieu incontournable pour tous les amoureux de ce produit qui trouve un regain d’intérêt croissant.

Cela commençait avec les plus anciens, appelés les “grisailles” car ils ne sont pas colorés (comme ci-dessus, crédits photo: Alexandre Plateaux). Par la suite, tout doit être peint avant d’être tissé. Des techniques textiles de battage, apparues au Moyen-Âge, permettant de rentrer une couleur franche l’une dans l’autre alors que l’on ne savait teinter que 15 couleurs à l’époque.
À contrario du carton peint à l’huile ou numéroté, initié par Jean Lurçat, qui nécessitent davantage de subtilités dans le choix des couleurs.
Selon les époques, on retrouve parfois des thèmes qui se répètent comme des scènes de marquis à Versailles. Aujourd’hui, le carton numérisé est davantage adapté aux besoins actuels.

En plein centre d’Aubusson, l’Atelier A2 crée des tapisseries parfois monumentales et très modernes, grâce au savoir-faire de ses 3 artisans et le lieu propose également des stages de formation sur des métiers à tisser pour petits et grands tout au long de l’année.

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