Culture populaire à la sauce japonaise

Aujourd’hui, culture populaire.

Ah, je vous vois, petits élitistes ventripotents tout gonflés de blanc de blanc éventé et de canapés au saumon défraîchis ! « Culture populaire » on va encore nous parler de J-Pop au sucre de canne arrosée de couleurs flashys et un rien criardes, le tout porté par une musique mielleuse soutenue par les paroles d’une chanteuse en petite tenue.
Camarades, relisez vos classiques car il n’en sera rien. Aujourd’hui, présentation d’un groupe très chouette – et très populaire – et potentiellement moins connu en France que d’autres groupes japonais, les rares productions que nous recevions venant souvent directement de chansons d’ouvertures d’anime :

Asian Kung Fu Generation

l’Arc-en-Ciel

ou de Visual Kei comme Dir en Grey :

The Gazette :

MIYAVI :

Oui, certes, notons aussi Meiko Kaji dont deux chansons ont été utilisées par Tarantino dans Kill Bill :

ou the 5.6.7.8’s :

utilisée par le même réalisateur pour le même film.
NON, je ne parlerai pas de Gackt !

Ah, bah finalement, si. C’est ballot.

Aujourd’hui, donc, nous nous intéresserons à un groupe nommé Radwimps, formé en 2001 et qui en est à l’heure actuelle à son 6e album studio. S’il fallait le définir en tant que genre – chose que nous aimons, mettre des étiquettes sur les pots de confiture plutôt que d’être surpris par les fragrances pétillantes et goûts voluptueux quand nous y trempons le doigt – s’il fallait, donc, définir à quel(s) genre(s) ce groupe appartient, il serait aisément classé en rock alternatif, voire pop-rock, définitivement emo et mélodique hardcore.

 

Certes, cela peut sembler alambiqué. Disons simplement que les guitares sont facilement distordues (oui, j’ignore le terme français ad hoc, si d’aventure vous le connaissiez, n’hésitez point à m’en faire part), les mélodies sont mises en avant – surtout sur guitare, encore une fois – avec une sacrée propension à avoir des textes scandés, voire criés. Pas d’inquiétude, ce n’est pas non plus du core metal avec un gros grind. Question paroles, celles-ci sont souvent orientées vers les émotions ou sentiments, reprenant des interrogations personnelles d’ordre métaphysique. Oh, je vous vois déjà lever un sourcil désapprobateur en pensant : « Moui, on sent le mal-être adolescent à 10 km ». Si cela peut en effet sembler être le cas, ce n’est en rien une expression renforcée d’une certaine crise d’adolescence, comme le seraient Placebo ou Green Day, par exemple.
Ainsi, leur chanson la plus connue à l’heure actuelle, DADA, inspirée bien évidemment par le mouvement Dada – le clip saura vous en convaincre – est fortement nihiliste, racontant la vie comme un passage, l’introduction commence à la naissance, la chanson s’achève sur la mort, durant lequel tout un chacun semble simplement tuer le temps. Classique ? Peut-être, mais efficace.
DADA :

 

 

Oshakashama tient à peu près un discours similaire, plus lié à la religion et la vacuité que cette dernière peut apporter, ou combler, d’abord d’un point de vue nietzschéen avant de simplement tomber dans un nihilisme désabusé (ce qui est presque un pléonasme).

Oshakashama :

 

 

Enfin, Order Made, plus un balade un peu Britpop, raconte comment le narrateur passerait commande de son corps avant sa naissance, expliquant ainsi le besoin de vivre avec quelqu’un (l’amûr, tûjûrs). Ceci peut sembler mièvre, mais bizarrement, la chanson évite ces écueils et est en fait très sympathique à écouter. A noter que les traductions, bien qu’excellentes, ne savent retranscrire le sentiment exprimé par la langue. (le fameux « lost in translation », voui voui)

 

 

Order made :

 

 

Et ce sera tout pour aujourd’hui !

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