Rencontre avec Anne-Laure Faubert, une entrepreneuse convertie à la Culture

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Un exemple de passerelle vers le monde la Culture. Anne-Laure FAUBERT raconte en exclusivité pour Culture-communication.fr, son parcours de chef d’entreprise, passée de la réforme de l’Etat à la culture.

AP: Bonjour Anne-Laure, pourriez-vous revenir sur votre parcours universitaire et professionnel ?
ALF : – Bonjour Alexandre, merci pour cet échange. Je m’appelle Anne-Laure FAUBERT et j’ai grandi entre la France et l’Afrique entre une mère collectionneuse d’art et de meubles anciens et un père historien et amateur de Rome antique (et de Wagner). Rentrée en France, j’ai commencé à fréquenter assidûment les musées, cartes jeunes en poche et les salles de spectacles. Pendant mes études à Sciences Po Paris, j’ai profité des enseignements optionnels pour prendre des cours d’histoire de l’art en anglais et de musique en allemand. Rien ne me prédestinait à créer ma société si ce n’est une envie forte depuis mes études et une success story familiale à New York au XIX°s dans le secteur de la gastronomie.

AP : Du coup après Sciences Po, vous créez votre société?
ALF : non pas du tout, je tente d’abord l’ENA puis réfléchis à ce qui pourrait me permettre de mieux comprendre l’économie et débute en inspection générale dans la banque. Mais l’attrait pour la « chose publique » me rattrape et je rejoins le secteur public. Des années riches où je découvre les arcanes de la décision politique, suis certains audits d’institutions culturelles… En parallèle en 2010 je crée le blog 1enviedailleurs.com, reprenant ainsi une passion ancienne pour l’écriture et je m’inscris aux cours d’histoire de l’art à l’Association de l’Ecole du Louvre.
C’est en 2014, après avoir quitté ce secteur que je me lance. Le 25 août 2014, pour les 70 ans de la Libération de Paris a lieu le premier événement Bulles de Culture. En mai 2015 je crée FOOD de Culture, petit frère gastronomique de Bulles de Culture, qui aborde la culture et l’histoire sous l’angle gastronomique.

AP : Dans la culture donc…
ALF : Oui…Au-delà de l’éducation transmise par mes parents, ma rencontre avec la culture remonte à un coup de foudre pictural avec le tableau Petite fille tenant des fleurs, dit aussi Innocence de Sir Henry Raeburn alors que j’avais 8 ans, au Louvre, au département de la peinture anglaise. Façonnée par cette rencontre fondatrice, j’ai voulu transmettre aux autres cette passion, en leur proposant des bulles d’évasion culturelle.

AP- Comment s’appelle votre société et que propose-t-elle ?
ALF : Ma société s’appelle Bulles de Culture. Elle propose des visites, soirées, voyages culturels ainsi que des coffrets gastronomiques et culturels (marque FOOD de Culture) qui permettent aux entreprises et institutions de fidéliser leurs salariés, clients et membres. Des instants précieux, « volés» au quotidien qui permettent aux entreprises et particuliers de se ressourcer pour mieux ensuite répondre à leurs missions.

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AP : Vous vous adressez à un public français ou étranger ?
ALF : Les deux. Mes clients sont en majorités français mais il m’arrive de réaliser des visites pour des clients étrangers de sociétés françaises. Concernant les coffrets gastronomiques et culturels FOOD de Culture (entièrement fabriqués en France et proposant de revisiter l’Histoire de France, l’Opéra ou l’amour sous forme gastronomique) ils ont voyagé en Europe, Mexique, Arabie Saoudite et Chine soit pour des clients étrangers de sociétés françaises, soit pour des sociétés étrangères.

AP : Pourriez vous me citer des expériences culturelles que vous avez organisées ?
ALF : Oui bien sûr ! Il faut savoir que si nous abordons les grandes expositions du moment, nous avons par ailleurs mis en place des visites thématiques comme La beauté dans l’art au Louvre. Une visite qui permet d’aborder les canons esthétiques de l’Antiquité au XVIII° ainsi que la question du « packaging » dans l’histoire de l’art, voire même la joaillerie. C’est une visite qui plait tant aux entreprises du luxe et de la beauté qu’aux écoles de mode ou aux associations. Elle peut être suivie d’un cocktail ou d’un dîner (du café à l’étoilé). Pour un événement plus masculin, nous pouvons proposer une visite sur Le vin dans l’art ou une visite des vignes de Montmartre et une dégustation de son vin. Ma société a une spécificité Mode très forte et j’ai également mis en place des cours d’histoire de la mode inédits et in situ de la naissance de l’aiguille au XX° siècle.

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AP : Et quand est-il de vos coffrets ?
ALF : Les coffrets FOOD de Culture permettent d’aborder la culture, l’histoire, voire la religion par le biais de l’épicerie fine. Nous concevons des coffrets thématiques, cherchons ensuite les produits pour les symboliser – pour l’un des coffrets de Noël 2017 nous avons eu des débats épiques sur Carmen ! Comment la symboliser ? Par des cigarettes russes, des cigares en chocolat, du chocolat au gingembre… ? Nous rédigeons ensuite le livret et faisons assembler les coffrets en Ile de France. Je mets un soin particulier à chercher des fournisseurs d’excellence (tant au niveau du produit que du packaging car pour symboliser des Reines, des opéras ou des Parisiennes, il faut des fournisseurs d’exception).

AP : Aujourd’hui où en êtes-vous ?
ALF : J’ai organisé plus de 100 événements, de la balade au voyage culturel, conçu plus de 15 coffrets dont certains sur mesure. Pour 2018, j’imagine une saison orientée XIX° – XX°s avec l’exposition Delacroix au Louvre, Corot au Musée Marmottan, les musées Yves Saint Laurent à Paris et Marrakech… Côté coffret je souhaiterais développer des partenariats pour mes coffrets sur Les Parisiennes, La nourriture dans la Bible, L’opéra et L’amour dans l’art et la littérature…

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AP : Enfin, si vous deviez être une œuvre d’art, laquelle seriez-vous ?
ALF : Difficile à dire… Je dirai un ballet faisant intervenir des arts équestres, de la musique baroque, des beaux costumes avec des peintures de Gustave Moreau, Odilon Redon et Zao Wou Ki et des œuvres d’art premier (royaume africain d’Iffé ou œuvres Dogons). Avec une touche d’épicerie fine quelque part…

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