Halles du Boulingrin à Reims ou comment faire du neuf avec du vieux

Il y a deux semaines, François Hollande et Angela Merkel fêtaient les 50 ans de la réconciliation franco-allemande à Reims. En marge de l’événement, le Président avait gardé un petit créneau pour un événement culturel d’importance pour la ville : la visite des Halles du Boulingrin. Oeuvre architecturale majeure dont la rénovation a tenu le quartier en haleine, le « ventre » de Reims rouvrira en septembre prochain avec une vocation nettement plus tournée vers le culturel que dans sa première version.

Un peu d’histoire

 Construites en 1929 par l’architecte Emile Maigrot et l’ingénieur Eugène Freyssinet les Halles du Boulingrin ont pendant de nombreuses années constitué un haut lieu de la vie gastronomique rémoise, hébergeant le marché central et de nombreux commerçants des métiers de bouche. Laissées à l’abandon puis désaffectées pour raison de sécurité, elles sont sauvées in extremis de la destruction par Jack Lang qui les classe Monument historique en 1990.

Halles du Boulingrin - © A.Hatat

Pourquoi ? Peut-être parce qu’elles sont un des seuls témoignages aussi important en France de l’histoire du béton armé et plus particulièrement de l’utilisation des voûtes minces (6 cm précisément, et oui…). Peut-être aussi parce que, représentatives d’un savoir faire technique novateur, elles possèdent une puissance plastique remarquable et une prégnance sur la ville indéniable.

Forts de cette classification, le ministère de la Culture et de la Communication et la Ville de Reims se sont engagés à financer leur rénovation quasi à l’identique en étudiant les premiers projets dès 2007.

Retrouver un usage dans la culture

 D’emblée, une idée s’est imposée : trouver un nouveau sens, une direction, une finalité aux Halles. Un bâtiment sans usage, c’est un bâtiment qui se dégrade et qui disparaît. Aussi le Projet architectural et technique (PAT) piloté par les architectes des Monuments de France est un projet de restauration des éléments principaux, comme la voûte par exemple, mais aussi et surtout la reprise du monument avec un usage…

En effet le bâtiment est fermé depuis 1988 et pour la petite histoire, il était surtout connu il y encore quelques années pour abriter, la nuit venue, le terrain de chasse de ces dames à l’amour tarifé… Avec cette rénovation, le bâtiment va retrouver sa vocation initiale de marché couvert, mais en même temps seront développés autour de cette activité principale d’autres usages à vocation culturelle (expositions, manifestations exceptionnelles, etc.) qui permettront de le réinsérer dans la vie publique.

Pour faciliter les circulations, un nouvel escalier a été créé : il permettra d’accéder en mezzanine à la galerie dédiée à l’accueil des expositions, dont la première sur l’histoire des Halles du Boulingrin se tiendra du 15 septembre au 30 décembre 2012. Non chauffé, cet espace sera réservé à l’accueil d’œuvres peu fragiles. L’ancienne boucherie, située sur la galerie, pourra être utilisée comme espace de convivialité́.

Les six boutiques autonomes de la rue du Temple ont été regroupées en deux grandes cellules commerciales, destinées à accueillir des bars à thème. Ces deux cellules bénéficieront de prolongements vitrés sur la rue du Temple devenue piétonne.

Halles du Boulingrin - vue intérieure. © Julien Jacquot

Halles du Boulingrin - vue intérieure. © Julien Jacquot

 

 

Objectif : faire du quartier du Boulingrin un lieu dédié aux plaisirs de bouche et de l’esprit. Une initiative originale, insolite et qui ancre la culture dans la vie de tous les jours… A l’image de l’événement d’inauguration, qui se tiendra le 14 septembre et proposera une grande fête orchestrée par Stéphanie Aubin, chorégraphe et directrice du Manège de Reims. Cette longue soirée prendra la forme d’une libre déambulation ponctuée de propositions artistiques, et inscrira l’art dans la vie de la façon la plus ouverte et dansante qui soit, susceptible de rassembler toutes les générations.

Une belle occasion de concilier culture et popularité, si tant est que cela soit possible, mais ça, c’est un autre débat…

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Mini-bio

Virginie Brochereux s’occupe du développement et du suivi de projets au sein de l’agence Archiduchesse, agence conseil en communication globale basée à Reims et à Paris. Spécialiste en stratégies de communication et communication éco-responsable, elle a travaillé pour le secteur bancaire et financier avant de rejoindre l’agence et suivre les dossiers de clients issus essentiellement du secteur institutionnel (collectivités, organismes consulaires), mais aussi agro-alimentaire ou grande distribution.

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4 Commentaires

  1. sarah
    5 octobre 2012 at 13:34 Répondre

    Et dire que les halles ont vraiment failli disparaître, sauvées par un classement aux monument historiques en 1990 sous Jack Lang. Nul doute que cet espace deviendra un haut lieu de vie rémoise. N’était-il pas question d’un musée d’art moderne sur le même site ?

    • Virginie Chauveaud-Brochereux
      7 octobre 2012 at 13:53 Répondre

      Tout à fait exact, le nouvel ensemble fait partie d’un grand projet de rénovation urbaine à Reims à l’horizon 2020. Encore un peu de patience donc pour le musée…

  2. Planda
    2 juillet 2013 at 08:21 Répondre

    Les photos interieures ne sont pas DR et sont faites par le photographeJjulien Jacquot.*

    • Aude MATHEY
      3 juillet 2013 at 13:27 Répondre

      Merci ! Navrée, je n’avais pas eu cette information. Je change les légendes.

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