Museomix et de la pérennité du travail collaboratif en institution muséale

L’an passé, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avait accueilli MuseomixMTL. Cette année, c’est au tour du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) de relever le défi. Au niveau mondial, Museomix en 2015, c’est 10 musées et 5 langues différents. Le mouvement a pris dans le milieu muséal, mais qu’en est-il de la pérennité des prototypes ?

En effet, à part le musée Gallo-Romain de Fourvière (à Lyon) qui était en 2012 en demande d’une rénovation de sa politique de médiation et qui a réutilisé 3 prototypes sur les 10 développés lors de Museomix, seul un musée breton s’est montré intéressé par un prototype développé à Grenoble en 2013 car il correspondait parfaitement à une problématique à laquelle le musée faisait face.

En ce qui concerne le milieu québécois – je suis invitée à l’édition montréalaise 2015 en tant que guest blogger -, aucun prototype n’a été réutilisé par les musées, que ce soit celui de la civilisation de Québec ou celui des beaux-arts de Montréal. Cependant, il faut aussi reconnaître que chacun des deux musées était soit très avancé dans les dispositifs de médiation (Musée de la civilisation du Québec) soit dans les collaborations avec le public (Musée des beaux-arts de Montréal et Musée en partage).

Cette année cependant, au vu des restrictions assez importantes sur l’intégration des œuvres et les droits d’auteur, il semblerait que soit le MAC puisse être capable d’intégrer certains prototypes dans sa stratégie de médiation puisque ces problématiques ont été prises en compte par les participants, soit que les prototypes interrogeant les questions des droits d’auteur et droits moraux lors de projets expérimentaux à faible impact public (les prototypes ne sont après tout que diffusés que le dimanche après-midi et peu d’entre eux sont réutilisés ensuite par les musées hôtes) puissent avoir un impact sur la législation du droit d’auteur et plus largement sur la réflexion de l’intégrité des œuvres et de l’intégration de ces droits dans une politique d’action culturelle et de médiation.

MuseomixMTL 2014 - Mika Theimer et Thibaut Caron / Portraits de Montréal

MuseomixMTL 2014 – Mika Theimer et Thibaut Caron / Portraits de Montréal

Enfin, il pourrait être intéressant également de centraliser via une base de données les différents prototypes et compte-rendus des équipes et de les rendre accessibles au milieu muséal et pas seulement aux musées hôtes. En effet, selon Julien Dorra, co-fondateur de Museomix, il pourrait être pertinent pour certains participants de partager leur expérience et leur projet lors de certaines conférences comme Museums and the Web ou MuseumNext afin de voir si d’autres institutions d’en saisissent.

A partir de là, nous pourrions véritablement parler de pérennité du projet collaboratif Museomix.

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6 Commentaires

  1. 09/11/2015 - Museomix et de la pérennit&...
    9 novembre 2015 at 10:44 Répondre

    […] Passionnée de marketing, blogueuse et fondatrice de Culture et Communication, Aude Mathey s’interroge sur la pérennité des prototypes développés lors des éditions de Muséomix.  […]

  2. David Passegand
    16 novembre 2015 at 23:38 Répondre

    Bonjour Aude.
    Billet intéressant, mais qui fait un petit contre-sens sur un aspect fondamental de Museomix. La pérennisation des prototypes n’est pas un objectif, bien au contraire. Si les participants se contraignent à cet objectif, comment peuvent-ils s’affranchir de la « commande » du musée ?
    Libérés de la contrainte de la pérennisation (ou d’une commande du musée qui ne dirait pas son nom), les museomixeurs libèrent les énergies et leur créativité.

    À l’issue de Museomix, si un musée choisit de conserver un ou plusieurs dispositif, tant mieux, mais les musées et les participants sont prévenus dès le départ de la règle du jeu : le prototype n’est qu’un prétexte pour libérer les imaginations et réinventer le musée.

    Il faut alors plutôt s’interroger sur la trace laissée par Museomix dans l’organisation du musée, dans la manière dont il envisage la collaboration avec des ressources extérieures, dans sa pratique quotidienne de la médiation…

    Quant à la base de documentation des prototypes, elle est en cours de construction. Il est demandé à chaque équipe de publier sur une plate-forme commune la description de son projet, les sources et le code de son dispositif.
    Une partie des données est disponible ici http://www.museomix.org/les-prototypes/
    C’est insuffisant, mais c’est déjà un début 😉

    • Aude MATHEY
      19 novembre 2015 at 13:09 Répondre

      Merci David pour votre commentaire. Cependant, si les terrains de jeux ou problématiques sont bien pensés dès le début, il n’y a pas de risque à s’inquiéter d’une commande du musée. Si le musée garde un prototype, n’est-ce pas plutôt parce qu’il a été convaincu par l’expérience et que celle-ci lui a apporté un nouveau regard.
      Je serai intéressée de savoir quelles sont les traces laissées par Museomix dans l’organisation du musée. Avez-vous eu des retours ?

      • David Passegand
        26 janvier 2016 at 11:26 Répondre

        Sur la question de la trace laissée par Museomix, je vous invite à jeter un œil à cette interview de Fabrice Denise, responsable des publics au Musée Départemental d’Arles Antique.
        https://youtu.be/OtQdBAnL9LI
        Il revient sur l’expérience d’un Museomix dans son musée en 2014, le rapport au numérique (du public, du musée…), et les conséquences sur l’organisation après l’événement.
        Et j’en profite pour vous dire bravo pour votre blog 😉

        • Aude MATHEY
          26 janvier 2016 at 12:59 Répondre

          Merci David pour l’interview et les félicitations que je partagerai avec les contributeurs !

  3. Museomix et de la pérennité du tr...
    24 novembre 2015 at 21:28 Répondre

    […] L'an passé, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avait accueilli MuseomixMTL. Cette année, c'est au tour du Musée d'art contemporain de Montréal (MAC) de relever le défi. Au  […]

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