Comment attirer le jeune public quand on est un centre de sciences et techniques

Les pistes de réflexion de Johan Langot (directeur de Science animation Midi Pyrénées, membre du consortium InMediats et vice-président de l’Amcsti).

Dans son intervention au cours des 4èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s), Johan Langot revient sur la manière dont cette expérience professionnelle a nourri 3 axes principaux de réflexion : les approches Living Labs, FabLabs et Média Mobile.

L’approche Living Labs

Johan Langot définit le Living Lab comme une structure non figée permettant de tester des dispositifs avec les publics, en les rendant partie prenante à la réflexion, le but étant de faire progresser les outils grâce à leur retour et d’inscrire le public comme acteur de la démarche d’acquisition de la d’une connaissance co-créée. Il fait ainsi écho à la représentation du lieu muséal comme « musée Légo » dont le terme revient à Samuel Bausson (webmaster du Museum de Toulouse). Voilà quatre années que le Living Lab expérimente et réfléchit notamment sur la question de l’écriture et de la narration. Les projets ont d’ores et déjà pu porter notamment sur un laboratoire virtuel sur tablette dans le cadre d’une exposition sur la chimie ou la réalité augmentée dans le cadre d’Aéroscopia (outil permettant de comprendre l’assemblage d’un avion).

Application Ariane © DR

Application Ariane © DR

 

Mentionnons également le travail réalisé par Audrey Bardon dans le cadre de l’exposition « Innovez » au salon Midinnov’ le 31 janvier dernier. L’initiative est intéressante de par l’appel lancé sur Twitter proposant aux membres de la communauté de donner leur propre définition du mot « innover ».

Exposition Innovez ©Audrey Bardon

Exposition Innovez ©Audrey Bardon

Cette démarche s’inscrit pleinement dans la troisième tendance du cahier des tendances 2012 proposé par Pierre-Yves Lochon et Clélia Dehon qui consiste à co-créer des contenus avec le visiteur.

L’approche Fab Labs

Johan Langot présente ensuite un deuxième axe de réflexion autour des apports des Fab Labs dont l’une des préoccupations centrales et de « scénographier les usages numériques et les rendre moins visibles, effacer le numérique dans le rapport aux publics ». L’intervenant souligne que l’Autriche fait figure de pays pionnier dans cette approche en ayant dans certains musées un Fab Lab intégré (cas d’Ars Electronica).

Ars Electronica © DR

Ars Electronica © DR

Le Média Mobile

Enfin Johan Langot nous dit quelques mots sur le Média Mobile, initiative axée sur une volonté de co-construction d’un projet scientifique et numérique avec les communautés d’agglomération et les Fab Labs environnants. Un dispositif de médiation central de ce projet est un camion d’une soixantaine de m² qui vient donner un ancrage physique et itinérant à ce réseau d’acteurs scientifiques de la région allant à la rencontre des publics « distants », tant des centres de sciences et de techniques que du numérique.

En clôture de cette seconde table ronde des 4èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s), des questions relatives à plusieurs points ont été soulevées concernant la politique de médiation et de narration transmédia, la place des tables multitouches au musée (collections permanentes ou exposition temporaire, la dernière option ayant été pour l’instant retenue par la Cité de l’Architecture), la gestion des droits de propriété intellectuelle (et la nécessité de s’entourer de juristes pour aiguiller les institutions dans ce champ flou et mouvant) et l’exploitation relatives aux données de tracking[1] des publics. Cette dernière pratique soulève des questions éthiques et pratiques (lourdeur de l’analyse, son opérationnalisation a posteriori pour personnaliser les parcours de visite…). Autant de questions aux éléments de réponse partiels qui figureront peut-être à nouveau à l’ordre du jour des prochaines rencontres nationales Culture et Innovation(s).

 

Preuve de l’engouement et du dynamisme suscités par ces trois approches, ce mois-ci aura également été marqué par la journée d’étude dédiée au FabLab du 14 février 2013 à Avignon. Je vous invite à parcourir les principales contributions en suivant #jefablab. Enfin, si l’aventure du « faire soi-même » vous tente, retrouvez les dix conseils de Geoffrey Doisne.

Pour aller plus loin :

http://science-animation.tumblr.com/
http://inmediats.fr/
http://www.scoop.it/t/artilect-fab-lab-toulouse
http://fr.amiando.com/journee_etude_fablab_conferences.html
http://blogrecherche.wp.mines-telecom.fr/2013/01/17/au-labfab-de-rennes-on-bricole-avec-les-outils-du-xxie-siecle/
http://owni.fr/2012/12/06/lui-president-implantera-t-il-des-fab-labs/
http://www.echosciences-grenoble.fr/actualites/visite-gi-nova-un-fablab-pour-lenseignement-la-recherche-et-linnovation


[1] Le terme tracking désigne le fait qu’une organisation récolte des données au sujet de ses publics (âge, provenance, type et moment de la connexion, etc.) afin d’améliorer l’expérience proposée, notamment à travers une personnalisation des contenus.

Sur le même sujet

Un commentaire

  1. Comment attirer le jeune public quand on est un...
    21 janvier 2015 at 15:01 Répondre

    […] Les pistes de réflexion de Johan Langot (directeur de Science animation Midi Pyrénées, membre du consortium InMediats et vice-président de l’Amcsti).Dans son intervention au cours des 4èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s), Johan Langot revient sur la manière dont cette expérience professionnelle a nourri 3 axes principaux de réflexion : les approches Living Labs, FabLabs et Média Mobile.  […]

Laissez un commentaire