Deuxième round pour la conférence BeMuseum

Le vendredi 13 octobre avait lieu à Bruxelles la deuxième édition de la conférence BeMuseum, consacré à l’innovation et au partage des bonnes pratiques dans les musées. Avec la promesse « Bring your museum for the dino’s time to the digital era »,  l’évènement est parvenu à rassembler et à intéresser bon nombre de professionnels des musées belges.

La conférence se positionne d’emblée comme une manifestation trilingue, laissant ainsi le choix de la langue à l’appréciation des intervenants. Il faut ainsi s’attendre à passer du français, au néerlandais et à l’anglais au fil des présentations. La première édition de l’évènement (organisée aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique, le 14 octobre 2016) avait mis l’accent sur le lien entre technologie et innovation. Cette deuxième édition a tenté d’élargir la problématique de l’innovation dans les musées. Quelles sont les inventions qui peuvent apporter de la valeur ajoutée à nos musées ? La question des bonnes pratiques, évoquée bon nombre de fois pendant BeMuseum, sera donc considérée en lien direct avec l’innovation et constitue un fil rouge entre les différentes interventions de la conférence.

Le premier panel ouvrant la session du matin était consacré au dialogue inclusif. Une intervention très intéressante de Bruno Verbegt du Musée royal de l’Afrique centrale revient sur la rénovation en cours du musée, et l’inclusion des représentants de la diaspora congolaise dans ce processus de transformation du musée. La rénovation implique une modernisation de la scénographie, mais également de repenser entièrement le propos du musée, héritier du lourd passé colonial belge.

Chouna Lomponda, du Musée Juif de Belgique détaille ensuite la politique d’exposition du musée, résolument axée sur l’inclusion et l’ouverture vers de nouveaux publics, avec notamment l’exposition « Juifs et musulmans, cultures en partage » et l’exposition « Bruxelles terre d’accueil ? », visible jusqu’au 18 mars 2018. Le projet « de chantier poétique » mené pendant la rénovation du musée constitue un exemple intéressant d’évènement permettant de faire vivre un musée pendant la rénovation (et la fermeture au public) de ses espaces d’expositions. Le musée a rouvert ses portes depuis le 13 octobre 2017 et promet encore de beaux projets axés sur la diversité. Le panel inclusion se termine sur une présentation de Frederick Boutry de Visit Brussel, sur le thème :  comment inclure la communauté gay dans les politiques culturelles des musées ? Comment s’adresser à elle, voire l’impliquer dans la co-création d’évènements culturels ?

Lors de la discussion sur l’empowerment féminin, les différentes intervenantes ont évoqué le sexisme et le harcèlement, tombant d’accord sur le fait que c’est un phénomène qui touche toutes les femmes. Elles ont ensuite partagé diverses bonnes pratiques pour ouvrir la voie à une société plus égalitaire. En matière de programmation, c’est la sélection des femmes artistes qui pose problème : souvent invisiblisées (notamment dans les expos historiques) ou marginalisées, elles sont rarement proposées en tête d’affiche d’évènements généralistes. Les intervenantes ont également débattu de leur expérience en tant que femmes dans le secteur muséal et culturel, et notamment du plafond de verre.

L’après-midi, la session principale rassemblait trois présentations autour de la question de la mise à disposition de données via l’open source. Deux projets ont ainsi été présentés dans le détail : le projet de la ville d’Anvers Open data Antwerpen (présenté par Jeroen Demeester) et la plate-forme digitale Vlaamskunstcollectie (par Matthias VanderMaesen) qui rassemble les collections des musées des beaux-arts de Leuven, Ostende, Antwerpen, Brugge et Gent. La dernière intervention, par Andréa Wallace, portait sur la question du crédit attribué aux photos d’œuvres d’art se trouvant dans le domaine public en vue de protéger celles-ci. Les musées qui gèrent eux-mêmes leurs photothèques et les banques d’images exigent en cas de publication d’une image de leur collection qu’un copyright soit attribué, même pour les peintures qui sont dans le domaine public (et qui ont été créés bien avant que la notion de copyright existe).

L’après-midi se termine avec une présentation sur le thème de la technologie par Nicolas d’Alessandro de la start-up Hovertone. Sa manière de lier l’humain et la technologie ont su conquérir le public présent dans la petite salle de discussion.

La soirée de clôture est animée par le collectif FuckUpNightBrussels, et les intervenants invités sont respectivement MuseomixBE, le Musée du Capitalisme et The Museum of Failure. Les FuckupNights sont des présentations dynamiques axées sur les échecs rencontrés (et surmontés) par des projets ou des entreprises. Nées à Mexico, les FuckUpNights sont organisées dans nombreuses villes et sur diverses thématiques, l’invariant étant que les intervenants racontent leurs erreurs avec humour. A noter que les organisateurs de FuckupNight Brussels n’ont réussi à convaincre aucun musée de jouer le jeu. Les musées auraient-ils peur de l’échec ? En tout cas, cette deuxième édition de la conférence BeMuseum fut une réussite.

 

 

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