Entretien avec Marie Charvet, auteure

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La chance du débutant

Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

J’écris depuis que je suis toute petite. Et puis, il y a 5 ou 6 ans, j’ai commencé à écrire des nouvelles et des histoires pour enfants. Une façon de voir si j’étais capable d’écrire des textes qui ne soient pas en lien avec ma vie personnelle. Je ne voulais pas faire d’autofiction.

Comment est née l’Âme du violon ?

Mon arrière-grand père avait un violon Maggini que mon père a vendu après sa mort. Un jour, l’envie m’a pris d’écrire sur ce violon. J’ai donc travaillé l’idée. Je voulais quelque chose de structuré, qui ne soit pas au fil de l’eau. J’ai donc mis en place des contraintes importantes.

Je compare la structure de mon livre choral à une fugue de Bach. Les personnages reprennent un même thème, se répondent, font des variations. J’ai écrit les quatre histoires de manière linéaire, et non indépendamment les unes des autres. Sinon, je les aurais saucissonnées un peu arbitrairement.

Comment avez-vous travaillé ?

J’ai construit mon histoire à l’instinct. Quand j’écris, c’est comme un film dans ma tête. Je n’ai aucun problème pour savoir quelle voix donner aux personnages, ce qu’ils vont dire, comment ils vont agir et pourquoi.

Dès le début, j’ai su comment allait se terminer mon roman, où j’allais emmener les protagonistes, même si les lignes ont bougé au fur et à mesure de la rédaction et de mes recherches.

Je voulais vraiment être dans la véracité des choses. Par exemple, j’ai eu une problématique de dates – je ne voulais pas faire d’anachronismes -, ou de lieux notamment avec la scène sur le paquebot Normandie.

Je n’ai pas fait de fiches détaillées sur les personnages, chose que je fais pour mon second roman. Cette méthodologie me permet d’être plus confortable dans l’écriture. J’enrichis mes notes petit à petit. Ainsi, si j’ai un problème de cohérence, je retourne dans ma fiche sans être obligée de relire toutes les pages.

Souhaitiez-vous être publiée ?

Vous n’allez pas me croire, mais non, je ne m’étais pas du tout posé la question. La seule chose que je voulais, c’était me lancer dans l’aventure de l’écriture. Quand je me suis rendue-compte qu’il y aurait pas mal de recherches à faire, j’ai contacté un atelier d’écriture. Je voulais un retour préalable sur ce que j’avais déjà écrit. L’un des intervenants, romancier et journaliste, a relu mes quatre premiers chapitres et mon synopsis. Il m’a vraiment encouragé à continuer. J’ai donc fini l’histoire et, deux ans après, je la lui ai envoyée. On a fait des corrections, quelques reprises et il m’a conseillé d’envoyer mon roman à des maisons d’édition.

Avec le recul, je me dis qu’il était important que mon premier lecteur ne soit pas éditeur, qu’il n’ait pas une approche liée à une ligne éditoriale. J’ai donc eu un retour neutre, non formaté.

Comment avez-vous procédé pour contacter les maisons d’édition ?

Je travaille dans le monde de l’édition. J’ai donc fait la liste de tous les gens que je connais dans ce milieu. J’ai ensuite ajouté des maisons dans lesquelles je n’avais pas de contacts. Au total, j’ai envoyé mon livre à une vingtaine de maisons d’édition, dont Grasset (où je ne connaissais personne) et c’est eux qui m’ont contactée pour me proposer un contrat.

C’était magique de commencer une collaboration comme cela.

Comment se passe la relation avec votre éditrice ?

J’ai des contacts très réguliers avec elle qui a eu un coup de cœur pour mon roman. C’est avec elle que j’ai retravaillé mon texte, dans la confiance et la bienveillance. C’est elle notamment qui m’a challengée sur les recherches à faire pour être vraiment crédible. J’ai donc rencontré un luthier, un guitariste de jazz manouche, un collectionneur des objets du Normandie, … Ces personnes m’ont permis d’enrichir mon texte sans en changer toutefois la structure.

Grasset a opté pour une sortie de mon livre en avril, car le planning éditorial est moins chargé et c’est juste avant l’été.

Vous avez écrit votre livre en combien de temps ?

Au total, j’ai mis deux ans. J’ai écrit uniquement pendant les vacances. Du coup, il pouvait se passer plusieurs semaines ou mois entre mes phases d’écriture, ce qui m’obligeait à me replonger à chaque fois dans l’histoire.

Est-ce vous qui gérez votre communication sur les réseaux sociaux ?

Oui, c’est moi. J’ai juste une page Facebook et un compte Instagram, car cela me prend beaucoup de temps.

Vous faites beaucoup de dédicaces. Est-ce Grasset ou vous-même qui trouvez les lieux ?

C’est moi qui démarche les libraires, car Grasset ne gère pas les dédicaces des premiers romans. Je me fais aussi aider par ma famille, mon réseau, … Mais il faut savoir que, grâce à ma maison d’édition, les libraires ont entendu parler de mon livre en amont via les représentants en librairie. C’est une chance et un gain de temps.

Je suis vraiment heureuse de dédicacer mon roman, de rencontrer les lecteurs, de partager après tout ce travail silencieux dans mon coin. C’est un accomplissement.

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