La Mona Lisa péruvienne exposée pour la première fois

Le musée des beaux-arts de Montréal a dernièrement organisé une magnifique exposition “Pérou, royaume du soleil et de la lune” sur l’histoire et l’art de ce pays somme toute fort méconnu du 2 février au 16 juin 2013. C’est ainsi qu’on y apprend que le Machu Pichu ne fut véritablement dévoilé au monde dans les années 10 et que la Mona Lisa péruvienne, sorte de masque de divinité pieuvre, qui a fait l’objet de tant de contreverses y est exposée pour la première fois.

Une icône de la lutte contre le trafic d’art

Mona-Lisa péruvienne - masque en or, exposition Pérou MBAM © Culture et Communication

Mona-Lisa péruvienne - masque en or, exposition Pérou MBAM © Culture et Communication

Le trafic des oeuvres d’art est le plus gros trafic au monde après celui de la drogue et des armes. Le poulpe en or mochica en est donc devenu une icône de sa lutte après une aventure rocambolesque ayant débuté en 1988. La pièce a été interceptée par Scotland Yard dans une galerie de Londres, après la dénonciation dès 2004 d’un indicateur privé. Le fameux poulpe mochica a ensuite été récupéré en 2006 par les autorités du Pérou puis remis au Museo de la Nación à Lima.

À Montréal, il a été entouré par plus de 370 œuvres d’art (peintures, sculptures, ornements en or et en argent, céramiques, photographies, œuvres sur papier, textiles et vidéos) provenant de près de 50 collections publiques et privées afin de faire revivre aux visiteurs du Musée plus de 3000 ans d’histoire ainsi que les découvertes archéologiques des dernières décennies.

Le ministre de la Culture du Pérou, Luis Alberto Peirano Falconí, estime qu’elle représente un «symbole de la lutte du Pérou contre le commerce illicite des biens culturels», selon ses propos rapportés par le MBAM.  Chef-d’œuvre de l’orfèvrerie du Pérou ancien, cet ornement frontal aurait été découvert, selon l’archéologue Walter Alva, lors des fouilles illicites d’une tombe de La Mina dans la vallée de Jequetepeque, intensément pillée en 1988-1989. Il faisait partie des offrandes déposées dans la sépulture d’une femme de l’élite religieuse mochica.

Vers le Ve siècle après J.-C., les sociétés mochica établies sur la côte nord du Pérou étaient dominées par des élites militaires et religieuses qui partageaient un même système de croyances. Chacun des huit tentacules du poulpe se termine en tête de poisson-chat, tandis que la tête est portée par des griffes de hibou. Ce bijou singulier témoigne de l’importance accordée aux officiants des rituels mochica.

Clôturons l’exposition avec le D-Vernissage !

Marc-Antoine Saumier, président du Cercle des jeunes philanthropes du MBAM © Culture et Communication

Marc-Antoine Saumier, président du Cercle des jeunes philanthropes du MBAM © Culture et Communication

Nous avons pu accéder exceptionnellement à cette exposition après sa clôture grâce au Cercle des jeunes philanthrophes du musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) qui y organisait le troisième D-vernissage depuis son lancement l’année dernière. En effet, c’est lors d’une conférence artsScène à laquelle de nombreuses institutions étaient présentes – sauf le MBAM, que Marc-Antoine Saumier, aujourd’hui président du Cercle, découvre les sociétés d’amis qui se destinaient aux jeunes professionnels, De là est partie l’idée d’en créer une pour le MBAM et de recruter des membres lors d’événements spéciaux, comme le D-Vernissage du 18 juin auquel étaient présents une centaine de membres du cercle, une autre centaine de personnes ayant payé leur entrée (65$CAD tout de même) et une vingtaine de membres de la presse. Le Cercle compte bien atteindre son objectif des 300 membres en 2014. Il en compte aujourd’hui une centaine.

Le D-Vernissage est un concept unique  de célébration autour d’une exposition d’une musée pour un petit nombre de membres. Les précédentes soirées portaient sur les Impressionnistes et Tom Wesselman. Lors de cette dernière, les participants ont pu également entr’apercevoir le musée d’une façon différente, les coulisses leur étant entr’ouvertes.

La philanthropie auprès des jeunes professionnels rencontre actuellement de plus en plus de succès et notamment en Amérique du Nord. Le phénomène n’est certes pas nouveau mais il s’intensifie depuis l’automne dernier. C’est en effet un excellent moyen de fidéliser tôt une clientèle de mécènes, de les habituer au discours du musée et bien sûr de leur proposer quelque chose qui leur correspond.

Quelques photos de l’expo et de la soirée

 

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4 Commentaires

  1. Quand les expositions sont interdites aux moins de 16 ans | Culture et Communication
    28 juin 2013 at 09:20 Répondre

    […] L’érotisme est présent dans de très nombreuses expositions, le sexe étant une des sources de créativité des artistes. La dernière en date que j’ai faite et qui m’a surprise à ce niveau-ci était « Pérou : royaumes de la lune et du soleil ». […]

  2. Dans votre salon avec Chihuly | Culture et Communication
    26 septembre 2013 at 19:22 Répondre

    […] précédent D-Vernissage, c’est là. A lire aussi:L'art de jouer des affinités au Deutsche Guggenheim…Tops et Flops des musées, mai […]

  3. Renouveler votre public ? Facile ! Pensez réseau ! | Culture et Communication
    4 novembre 2013 at 13:03 Répondre

    […] stratégie n’est pas nouvelle. Nous avons déjà parlé ici de la stratégie du musée des Beaux-Arts de Montréal auprès des jeunes professionnels, nouveaux […]

  4. Dans votre salon avec Chihuly | Culture et Communication
    4 août 2014 at 17:20 Répondre

    […] Le précédent D-Vernissage, c’est là. […]

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