Le mécénat enfin reconnu comme un métier

Rencontre avec Marianne Maillot, directrice de Vision Phiantrophie et administratrice de l’Association française des Fundraisers (AFF).

Le 14 septembre dernier, l’Apec (l’agence pour l’emploi des cadres) créait enfin un référentiel métier pour le mécénat, alors que la loi relative au mécénat, aux associations et aux fondations révisant celle de 1901 relative aux contrats des associations a été votée le 1er août 2003. Il était temps.

Marianne Maillot a gentiment pris le temps de nous expliquer ce secteur bien particulier, et chose importante, à bien différencier mécénat, de partenariat et sponsoring.

De plus en plus de structures aujourd’hui relevant de l’intérêt général ont besoin de faire appel à des fonds extérieurs. Elles présentent souvent des problématiques de diversification financière. Cette dernière est bien entendu à adapter selon la cause, la structure et sa notoriété. Et c’est par le biais de cette problématique que l’on arrive à la question du mécénat.

Mais qu’est-ce que le mécénat ?

Selon Wikipedia, Le mécénat désigne la promotion des arts et des lettres par des commandes ou des aides financières données par un mécène qui peut être une personne ou une organisation comme une entreprise. Dans une acception plus large, il peut s’appliquer également à tout domaine d’intérêt général : recherche, éducation, environnement, sport, solidarité, innovation, etc1,2. Au cœur du mécénat se développe de plus en plus le mécénat d’entreprise 3qui se définit comme un soutien financier, humain ou matériel apporté sans contrepartie directe par une entreprise, mais aussi grâce à la générosité de certains milliardaires4. En fiscalité et en comptabilité, il est considéré comme un don. Concrètement, le mécénat bénéficie d’un régime fiscal avantageux dans la mesure où il existe une disproportion marquée entre le versement et les contreparties reçues.

Selon Marianne Maillot, cette définition va encore plus loin. Le mécénat doit être pensé comme une véritable association d’une entreprise, d’un grand donateur (ou d’une multitude de petits) au projet d’une structure d’intérêt général. En effet, le mécène doit pouvoir être associé (en partie) aux valeurs de la structure qu’il soutient, de ses projets. Cela implique par conséquent à la structure recherchant des mécénat de s’interroger sur son identité, ses valeurs, son avenir. Le mécénat doit également pouvoir être disjoint de toute relation purement commerciale. Ainsi, par exemple, l’agence de recherche de fonds ne devra pas être payée à la commission, car elle pourrait être tentée de “commercialiser” rapidement et au plus offrant (quitte à contourner certaines valeurs de la structure) l’offre de mécénat. Cette offre deviendrait du sponsoring, c’est-à-dire un soutien financier d’un projet ou d’une structure sans implication véritable du donateur dans son fonctionnement et sur la gestion de son avenir. Le sponsoring peut en effet être immédiat, n’avoir aucun objectif de durée et surtout ne relève en aucun cas de la loi de 2003 proposant une réduction d’impôt de 60% sur l’impôt des sociétés (quand il s’agit de mécénat d’entreprise).

Quelles relations avoir avec ses mécènes ?

Cela tombera peut-être sous le sens, mais il faut entretenir un réseau de mécènes et de donateurs. Ces personnes s’impliquent dans la vie de votre structure durablement, elles ont par conséquent droit à un statut particulier. Mise à part la gestion de suivi des partenaires, compétence commerciale de base, il faut pouvoir entretenir un lien d’appartenance des mécènes à la structure. En effet, cette relation relève de l’affect et non pas de l’investissement marchand. Dans ce dernier cas, l’investisseur aurait plutôt tout intérêt à partir sur du sponsoring ou du partenariat, plus classiques et avec un retour sur investissement (ROI) plus rapide.

Claudie Haigneré, Présidente Universcience et Patrice François, co-fondateur de Digimind. Juillet 2010. Source : www.koeo-blog.net

C’est ainsi qu’en 2010, les structures culturelles ont perdu 600 millions d’euros sur 900 millions. Mises à part, pour certains, la crise et la réorientation des fonds, c’est, selon Marianne Maillot, dû en grande partie à ces échanges et relations inexistants entre mécènes et structures. Une des solutions consiste donc en effet à assurer le suivi après les campagnes, à créer et gérer un réseau de mécènes qui peuvent également devenir des ambassadeurs et recruter d’autres mécènes ou donateurs. Un cercle vertueux peut ainsi être créé.

La relation partenariale et commerciale dans les institutions culturelles est encore très récente en France. Nous avons donc tout à attendre alors du développement du mécénat, d’autant plus que la pratique se professionnalise. L’AFF propose des cursus de formations, dont certaines sont données par Marianne Maillot.

 

Marianne Maillot

Marianne Maillot, détentrice d’un DESS en management général (I.A.E. Lyon 3), a plus de 25 ans d’expérience dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la culture, du développement durable et de la solidarité. Elle a mis ses compétences en gestion de partenariats, de levées de fonds, marketing et en communication au service des organismes à but non lucratif, des collectivités territoriales et des entreprises.

Elle est membre du Conseil d’Administration de l’Association Française des Fundraisers dont elle a initié et gère le groupe rhônalpins. Elle coordonne également la Commission d’animation du réseau des groupes régionaux.

Elle collabore avec de nombreuses structures ou réseaux de professionnels du fundraising tels que Philanthrôpia, Co-influence, Be the Change, …

Elle enseigne à l’ISCOM (Lyon), à l’Université Jean Moulin (St Etienne) et intervient très régulièrement dans les universités et écoles d’enseignement supérieur (Lyon 2, EM Lyon, Bioforce, IEP Grenoble, Direction de la Coopération Internationale de Monaco…), à l’Association Française des Fundraisers ainsi que dans divers séminaires et colloques consacrés au mécénat.

Parmi ses références se trouvent :
• Fondation Sciences Mathématiques de Paris,
• Musée des Confluences,
• ENS Lyon
• Ecole Centrale de Lyon,
• Espace Naturels Régionaux du Nord Pas de Calais,
• Le Rire Médecin,
• Association Lyonnaise Contre la Mort Subite (ALMS)
• LaSalle Beauvais,
• Grenoble Ecole de Management,
• Université de Cergy Pontoise,
• EquiLibre,
• Parc nature régional du Verdon,
• Olive Tree International School,
• …

Source : Entrepreneurs d’avenir

 

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Un commentaire

  1. Le mécénat enfin reconnu comme un métier | L'actualité du monde de l'art | Scoop.it
    5 décembre 2011 at 11:20 Répondre

    […] Le mécénat enfin reconnu comme un métier Le site des professionnels de la culture (RT @AudeMathey: Rencontre avec Marianne Maillot, le #mecenat enfin reconnu comme un métier http://t.co/CeHFP3vx…)… Source: https://www.culture-communication.fr […]

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