Lors du Festival D’Humour, des “Marrakech Du Rire”, rencontres avec les comédiens Malik Bentalha et Ahmed Sylla

Le Festival d’Humour des “Marrakech Du Rire” (MDR) existe depuis 8 ans, lancé à l’époque par l’humoriste français Jamel Debbouze, d’origine marocaine. Plus qu’un festival, le “Marrakech du Rire” est un lien entre les cultures, devenant le premier Festival de l’humour français à l’international et les gens viennent du monde entier pour applaudir les artistes.
Situé dans la ville marocaine de Marrakech depuis sa création, plus d’une douzaine de nationalités différentes se sont produites sur l’étape du Marrakech du Rire: marocaine, française, canadienne, togolaise, ivoirienne, belge, suisse… Cette richesse a encore mérité le soutien de la secrétaire pour la francophonie, Michaëlle Jean. Ce soutien prouve une fois de plus que le rire n’a pas de frontières et que, année après année, le festival se développe au gré des apports de chacun.

Après une carrière dans l’humour qui a explosé en France, et une nouvelle expérience Cinématographique avec un rôle dans le dernier « Taxi 5 » réalisé par Franck Gastambide sorti en 2018, Malik Bentalha participe à cette 8ème édition du Marrakech du Rire avec un plaisir non dissimulé. Rencontre avec un enfant du Jamel Comedy Club qui a bien grandi. Ravi de retrouver la ville ocre et ses compères, il se confie à Ghizlaine Badri sur ses futurs projets (crédits photo: MDR).

– Vous êtes un fidèle du Marrakech du Rire?
Je participe à cet évènement exceptionnel au Maroc depuis 2010, mais cela faisait 3 ans que je n’étais pas revenue à cause de divers projets. C’est tout le temps la même magie. On est toujours très bien accueilli. Par ailleurs, je suis marocain par ma mère et algérien par mon père, le Maroc est mon pays d’adoption, c’est un pays pour lequel je porte une affection particulière, j’y ai vécu des moments forts. C’est un bonheur de retrouver une partie de mes racines.

– Pensez-vous que le Marrakech du Rire est un festival « Africain »?
Bien sûr ! Il comporte le “Gala Africain”, et le spectacle marocain avec “Eko”en Darija. Ce qui crée une émulation et fait travailler beaucoup de marocains. C’est une très bonne chose pour l’image du pays, qui voyage à l’international à travers la télévision TV5 Monde. Comme pour le Festival Mawazine, ainsi que pour le Festival du Film de Marrakech, et tous ces évènements au Maroc qui font rayonner l’image du pays dans le Monde. Le spectacle est diffusé également en France sur M6. Il y a une effervescence qui n’existait pas auparavant. La place des « Marrakech du Rire » est en train de prendre de l’importance d’année en année.

– Quelles sont vos sources d’inspiration, est ce que vous adaptez vos « sketchs » au Maroc?
Mes spectacles sont déjà à la « sauce marocaine ». Il y a bien sur toujours des ajustements qui se font en fonction de l’actualité, mais globalement on reste toujours dans le même esprit de la rigolade, boutade et galéjade! (Rires). Mon spectacle dure une heure trente, je dois réduire à 15 Minutes pour le passage aux Marrakech Du Rire, par conséquent je vais sélectionner des passages qui vont faire rire les marocains, mais également les français.

– Quels sont les humoristes Africains avec qui aimeriez-vous travailler?
Il y a Hassan El Fad, Abderraouf, Abelkader Secteur, « Houria les yeux verts », « Asmaa El Arabi ». Le Maroc nous a donné Jamel Debbouze, Gal Elmaleh, nous sommes des humoristes dans l’âme, et avons eu la chance de vivre dans des pays ou l’humour tient une place prépondérante et foisonnent de sources d’inspirations. Je suis un enfant du Jamel Comedy Club, j’ai eu la chance de voir la naissance des Marrakech du Rire, qui mêle talents africains et européens, il y a des français, des belges. Nous sommes un patchwork culturel et humoristique.

– Que pensez-vous de l’absence des femmes humoristes dans les festivals de manière générale? Elles représentent en moyenne 20 à 30%…
C’est un vrai problème et cela n’est pas seulement lié au domaine de l’humour. Je prône bien évidemment l’égalité hommes femmes de manière générale, et je soutiens à 200% les causes féministes, il faut mettre les femmes en avant, c’est une nécessité absolue. Cette année au MDR, il y a des humoristes incroyables comme Camille Lellouche, Elodie Poux. Il y a une scène émergente féminine qui est en train d’exploser et je pense qu’il faut qu’elles soient de plus en plus présentes au devant de la scène.

– Quels sont vos futurs projets ?
L’Olympia du 25 au 28 octobre, ensuite je fais une tournée en France. Côté Cinéma, j’ai tourné dans un film de Mohamed Hamidi qui s’appelle « Le Grand Pari » avec Gilles Lellouche, et qui sera dans les salles le 20 février 2019.

Il est l’un des humoristes les plus doués de sa génération. Ahmed Sylla a fait du chemin depuis l’émission “On ne demande qu’à en rire” de Laurent Ruquier où il s’est fait connaitre. Il signe sa 3ème participation aux Marrakech du Rire auprès de son ami Jamel Debbouze (crédits photo: MDR).

– Depuis combien de temps, venez-vous au MDR?
C’est la deuxième fois que je viens pour le Gala, et la 3ème fois que je me déplace pour le Festival du Marrakech du Rire.

– Comment vous définissez-vous Ahmed Sylla, l’Humour, le Cinéma, le Théâtre… vous avez plusieurs cordes à votre arc?
Je me définirais comme quelqu’un de curieux. J’aime découvrir de nouvelles choses, apprendre et m’amuser. Tant que j’aurais cette envie, j’irais puiser dans de nouveaux projets, qui au final, ont les mêmes objectifs. L’art est multiple.

– Comment expliquez-vous la percée d’humoristes africains, en France, depuis une dizaine d’années?
Je pense que le Marrakech du Rire a beaucoup contribué à faire connaitre des jeunes du Djamel Comedy Club par exemple. Cet évènement est vraiment une vitrine incroyable. Il faut dire aussi, que ces dernières années, il y a eu l’explosion d’une nouvelle génération d’humoristes très talentueux. Tous ces événements contribuent à mettre le projecteur sur ces artistes, et chacun essaie de trouver son « bout » de lumière.

– Que répondez-vous à certaines critiques qui avancent que le Marrakech du Rire, regroupe plus d’humoristes français que d’humoristes Africains?
Nous sommes dans un faux débat. Le plus important est de réunir des artistes venus de tout horizon pour travailler ensemble. Nous ne sommes pas dans un esprit de repli identitaire qui n’est pas productif et qui peut être dangereux. Le MDR fait travailler un nombre incalculable de marocains, même le Palais Badii vient d’être rénové pour l’occasion. Il y a le également le « Gala Africain » qui mets en valeur les artistes africains qui ont un public incroyable sur tout le continent. L’intérêt est de travailler tous ensemble et de mélanger les univers.

– Quel conseil auriez-vous pour les humoristes qui veulent réussir?
L’envie. A partir du moment où on s’amuse, ou on est soi-même, on peut amuser les gens. Si vous essayez de plaire à tout prix cela ne fonctionnera pas. Il y a bien sur d’autres paramètres : la chance, les bonnes rencontres, le bon moment. Je n’ai pas la recette, sinon toute ma famille serait connue. (Rires).

– Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Ma famille a été une source d’inspiration, et à incontestablement influé sur ma manière de me comporter. Mes parents sont nés au Sénégal. Concernant mes influences artistiques, il y a eu Raymond Devos, Michel Courtemanche, Gad et Djamel.

– Quels sont les artistes africains avec lesquels vous souhaiteriez travailler?
Michel Gohou, c’est un monstre. Je suis très fan depuis toujours. Il est comédien et il est ivoirien. On s’est croisé une fois très rapidement. Sinon, j’aime bien laisser les choses se faire, il ne faut jamais planifier. Je crois beaucoup en la loi d’attraction. J’aime bien faire des rencontres par hasard.

– Que pensez-vous de l’absence des femmes humoristes au sein des festivals?
Je pense que les femmes humoristes sont bourrées de talent. Elles ont un autre regard, une autre poésie et une autre sensibilité. En plus elle sont bien habillées et elles sentent bon et moi j’adore, c’est mieux que 14 mecs qui sentent la transpiration! (Rires). Plus sérieusement, les femmes doivent être plus représentées si ce n’est pas le cas, et il faut se battre pour cela. Je reste sensible à la cause féminine dans son ensemble.

– Quels sont vos futurs projets?
Un film qui sort le 7 novembre, Une série Access sur C8 et un spectacle en tournée à partir de la mi-septembre.

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