Paroles d’experts : interview d’Amandine Greilich d’Atelier Culture

Forte d’une expérience de plus de 13 ans dans différentes institutions culturelles et scientifiques, Amandine Greilich a créé Atelier Culture en juin 2017 pour partager ses connaissances et continuer à réfléchir sur les différentes formes de médiation ; nous l’avons rencontré en octobre dernier.

Présentez-vous-en quelques mots ?

Je m’appelle Amandine Greilich. Je suis aujourd’hui consultante et formatrice en projets culturels à mon compte. Je travaille principalement auprès des institutions muséales, du spectacle vivant et du secteur du tourisme. Mon expertise porte sur la connaissance des publics et la médiation culturelle (outils et activités).

Quels sont vos projets en cours ?

Je suis dans ma première année de création d’Atelier Culture, mon entreprise. Cette année a donc été animée par la mise en place de mon catalogue de formation et la structuration de mon activité. Pour mes formations et projets, je me déplace sur tout le territoire et j’interviens auprès d’un public varié (charge.e du patrimoine, responsable des publics etc…) . Par exemple, ces 6 derniers mois, j’ai réalisé une série de formations pour le CNFPT (organisme de formation pour les fonctionnaires de le territoriale) sur des activités de médiation culturelle précise : comment faire un livret de visite, un parcours conté ou une chasse au trésor par exemple. Cela a eu du succès car il n’y a pas de formation pratico-pratique comme celle-là au CNFPT. J’ai également écrit un parcours audio en français simplifié à destination des publics en situation de handicap mental pour le nouveau Musée de la Romanité de Nîmes qui vient d’ouvrir.

Pouvez-vous nous parlez de votre parcours professionnel ? 

Je suis historienne de formation et possède aussi une licence en histoire de l’art et master professionnel en management culturel.

J’ai fait mes premières armes au Musée Carnavalet puis je suis passée par le Centre des Monuments Nationaux sur le site de l’Ile de la Cité pour des missions de médiation culturelle à destination du public scolaire et individuel.

À cette époque-là, la Conciergerie souhaitait améliorer l’accueil du public en situation de handicap. J’ai donc suivi une formation sur ce sujet et en parallèle j’ai aussi découvert de nouvelles méthodes de médiation comme les visites théâtralisées ou contées.

J’ai poursuivi ma carrière dans la médiation culturelle au Musée des arts et métiers sur une typologie très large de public et en utilisant différentes techniques de médiation (ateliers, visites contées, visites en familles etc.)

Mes connaissances en médiation pour les publics en situation de handicap m’ont amené à la tête de la cellule dédiée du Musée des arts et métiers, en plus de mes missions initiales de chargée de médiation.

J’ai ainsi consolidé mes compétences sur le public spécifique notamment le public sourd et malentendant. J’ai créé et réalisé les premières visites labiales du musée et développé le catalogue des visites L.S.F.

J’ai également travaillé en étroite collaboration avec l’ingénieur hygiène et sécurité sur les questions d’accessibilité bâti.

Vous êtes maintenant basée dans la région lyonnaise, pouvez-vous nous raconter comment s’est passée la transition ?

La deuxième partie de ma vie professionnelle effectivement est lyonnaise. J’ai travaillé pendant 2 ans et demi aux Musées Gadagne. Il s’agit du musée d’histoire de la ville de Lyon et du musée des arts de la marionnette. J’étais chargée de projet territoire donc tout ce qui est hors les murs du musée sur des dispositifs avec les scolaires comme Patrimoine et moi qui permet aux élèves de découvrir leur patrimoine de proximité et surtout la programmation des Balades urbaines.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle et vos réalisations sur le projet des Balades urbaines ?

J’ai proposé une nouvelle orientation programmatique et de nouveaux thèmes de balades. Je souhaitais mettre en avant la parole et le vécu des habitants (anciens ou nouveaux) : comment voient-ils la ville. Comment la vivent-ils ? Par exemple, l’une des balades donnait la parole à l’une des figures du skate lyonnais : Fred Mortagne. 

J’ai aussi choisi de donner la parole à des profils différents : sportif, jardinier, urbaniste… En donnant la parole aux locaux, j’ai souhaité élargir la compréhension et la découverte du patrimoine en lui donnant un regard plus humain.

Les participants étaient à la fois de la région lyonnaise en quête de redécouverte de leur ville et des touristes.

Avec ce type d’initiative, nous avons fidélisé un nouveau public et rajeuni l’âge moyen des participants. Le taux de remplissage des visites avoisinait les 80% et beaucoup de visites se déroulaient à guichet fermé ! Ce fut un beau succès d’équipe.

Vous vous êtes lancée dans l’entreprenariat culturel avec ATELIER CULTURE pouvez-vous nous en dire plus ?

ATELIER CULTURE c’est la synthèse de toutes mes expériences et mes compétences mises au service des acteurs de la culture et du tourisme. En effet, lorsqu’on travaille avec les publics, il faut sans cesse se renouveler et s’adapter, être un peu un « couteau-suisse ». C’est pour cela que mon champ d’intervention est assez large : entre conseil, formation et création d’outils et d’activités de médiation. 

Le plus d’Atelier Culture c’est le fait d’être dans le concret et la réalité de terrain. Pour moi le partage d’expérience est aussi formateur c’est pourquoi dans mes formations, par exemple, il y a toujours une visite d’un autre lieu ou une rencontre avec un professionnel.

Mon site internet explique et présente mon projet et mes valeurs. 

Il est accessible depuis peu à l’adresse suivante : https://atelier-culture.fr

J’ai déjà accompagné de nombreuses structures sur différents projets comme le MNHN de Paris, la région Rhône Alpes, l’office de tourisme de Beauvais, l’opéra national de Lyon, le Musée savoisien de Chambéry, l’institut français de Berlin…

J’interviens comme formatrice auprès du CNFPT (Montpellier, Tours, …) et de l’Agecif.

Je dispense également des cours au master « Patrimoine et Musées » à Lyon 3.

En conclusion quel est votre conseil de pro « tout terrain » ?

« Connaître ses publics et savoir s’adapter »

Amandine Greilich, fondatrice de ATELIER CULTURE

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