Quand la presse s’intéresse au musée virtuel

Dans mon dernier ouvrage “Le musée virtuel : les nouveaux enjeux“, je faisais part de ma déception du Google Art Project. A l’époque, seuls 17 musées étaient partenaires du projet.

Page d'accueil du Google Art Project

 

Malgré le fait que :

  • utiliser la technologie Street View pour naviguer dans les salles d’exposition apporte peu à la visite (à moins d’avoir des salles magnifiques valant le déplacement, sinon nous sommes là pour l’oeuvre…) ;
  • le projet fasse preuve d’un manque flagrant d’explication sur les oeuvres présentées et par conséquent puisse être relativement complexe à saisir pour d’autres cultures que les habituels publics des musées occidentaux ;
  • seulement 46 oeuvres soient en haute définition sur 32 000 et donc qu’il soit difficile de les découvrir complètement ;
  • le projet compte uniquement sur la rencontre à l’oeuvre pour provoquer un déclic et susciter un enthousiasme envers les musées ;
  • on continue toujours à s’interroger sur les réelles motivations de Google autour de ce projet après la polémique autour de la Google Library ;

il faut quand même reconnaître que :

  • c’est déjà un beau projet que d’autres avaient déjà tenté mais malheureusement pas réussi ;
  • tout ce qui peut être facilitateur de transmission est bon à prendre ;

et surtout que :

  • grâce au fait que ce soit la firme américaine qui a développé le projet, la presse (ici et , et encore aussi…) s’intéresse enfin de plus près au musée virtuel, même si pour les médias, il semblerait que ce concept se limite encore à celui d’exposition virtuelle.

 

 

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3 Commentaires

  1. musée et numérique | Pearltrees
    5 avril 2012 at 07:40 Répondre

    […] Dans mon dernier ouvrage « Le musée virtuel : les nouveaux enjeux « , je faisais part de ma déception du Google Art Project . A l’époque, seuls 17 musées étaient partenaires du projet. Page d'accueil du Google Art Project Quand la presse s’intéresse au musée virtuel […]

    • Aude Mathey
      5 avril 2012 at 16:24 Répondre

      Suite à deux questions posées par une étudiante en journalisme, j’ai tenu à apporter des points supplémentaires à l’article ci-dessus.
      Les questions étaient :

      – Considérez-vous que les musées virtuels, du type Art Project, limitent plus qu’ils ne tendent à diffuser l’art au public ? S’agit-il de contraintes techniques (ex: toutes les oeuvres ne sont pas visibles sur le site, pas beaucoup d’informations sur les tableaux)

      – Selon vous, pourquoi certains musées acceptent de participer à ce concept et d’autres non? Quels sont les enjeux pour un musée?

      Et mes réponses :

      Tout d’abord, pour moi le Google art Project n’est pas un musée virtuel. Il relève d’une exposition virtuelle. C’est, à mon sens, une simple copie de l’espace d’exposition avec la numérisation des œuvres, les cartels et l’audioguide en moins, l’espace de diffusion et le public potentiels en plus.
      Ce type de projet génère un espoir quant à la réalisation de l’objectif de démocratisation culturelle fixé aux musées et lieux d’expositions publics. Mais cet espoir est vite déçu tout simplement parce que ce type de projet est inabouti. On a lancé une bonne idée et on s’est arrêté en plein milieu. Dommage.
      Plusieurs exemples :
      – Pas de descriptif des œuvres : on a accès à une partie des œuvres en HD mais aucun descriptif. Du fait que ces mêmes œuvres ont été numérisées en partenariat avec les musées, on aurait pu penser que le contenu l’aurait été également (via un wiki par exemple. Wikimedia a de forts partenariats avec les musées)
      – Du fait de non-information sur les œuvres : celles-ci sont difficiles à appréhender pour un public non fin connaisseur de l’art (à moins de faire des recherches à part sur internet… et encore) ou encore d’une culture différente. L’art et ses représentations ne sont pas universels. Les définitions, les références changent selon la culture du public
      – Une toute petite partie des œuvres est en HD alors que toutes ont été numérisées, pourquoi ?
      – On ne peut pas tagger les œuvres : ce projet n’est pas participatif. A l’heure du web 2.0 dommage encore…
      Bref, à mon sens, ce ne sont pas tant les contraintes techniques qu’une certaine paresse intellectuelle. Souvent, on résume musée virtuel à exposition virtuelle et on ne saisit pas les enjeux et les opportunités que nous offrent les outils web, mobiles, médias actuels. Pas de stratégie mais une opération de communication supplémentaire.

      Quant au fait que certains musées décident de participer d’autres pas, je pense que cela est dû à principalement 2 aspects :
      – Notamment en France : le secteur public est très frileux encore aux nouveaux médias, au marketing et à la promotion… Tout cela est vu d’un assez mauvais œil et nombreuses sont les structures qui mettent du temps à se lancer (et souvent elles le font tard avec une stratégie qui n’est plus d’actualité en raison des évolutions permanentes dans ce domaine). Heureusement que pour le Google Art Project, il y a notamment le Château de Versailles ou le Quai Branly pour me contredire.
      – Certains musées, comme le Centre Pompidou, sont eux en pleine révolution structurelle. Le CP lance en effet le Centre Pompidou Virtuel, qui est censé révolutionner le musée virtuel et l’accessibilité aux œuvres. Le projet est tellement lourd en interne qu’ils n’ont très probablement pas le temps de se lancer dans cette aventure. De plus, cela peut également remettre en cause leur positionnement.

  2. #Museumweek vue de la presse… | Culture et Communication
    2 avril 2014 at 23:17 Répondre

    […] nombre de bons articles ont paru sur les musées et le numérique (quelques liens accessibles ici […]

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