Chez les lunettes Philippe V, chez polette au Silmo, quand l’Optique prend des airs d’Art

Comme quoi l’Art peut aussi se décliner dans d’autres sphères que celles auxquelles on peut habituellement penser. L’Optique en fait partie et s’adonne par l’intermédiaire de ses multiples acteurs à affiner leurs techniques de fabrication. Pour certaines se modernisent via notamment l’émergence de l’impression 3D et l’engouement des acheteurs pour des modèles de lunettes à la pointe d’une mode, qui évolue très vite à l’instar de l’Art, voire des pièces uniques. L’audace de plus en plus de formes et de matériaux employés transforment ces outils d’aide à la vue en véritables oeuvres d’Art, reflet d’une certaine culture.

La lunette en est un exemple probant puisqu’il allie l’utile et un certain esthétisme.
Ceci impliquant une incursion notamment dans d’autres domaines artistiques dont la mode, la peinture, la sculpture ou encore la musique. Le raccourci ou l’inspiration sur un mouvement artistique se développe au fur et à mesure des créations des stylistes, visant à se rapprocher de plus en plus des attentes d’un marché toujours plus enclin à adapter ses habitudes de consommation à l’expression d’un pan de leur personnalité. On revient ainsi de nos jours à la perception de l’optique comme un véritable objet d’Art qui pourra s’exprimer par l’afflux croissant de l’exposition de leurs utilisateurs sur les réseaux sociaux. Et ce au détriment de l’objet fonctionnel, sans ralliement culturel ou encore cultuel (si on peut parler d’Art comme une religion dans certain cas), auquel on peut encore aujourd’hui rattacher la lunette. Ces différentes facettes qui font évoluer le monde de l’optique, en prenant la tangente de la création surfant sur la Mode et les nouvelles technologies, nous allons les aborder à travers à trois acteurs français majeurs qui réinterprètent à leur manière la lunette d’aujourd’hui.


Un des nouveaux venus sur le marché, la firme française polette, fondée en 2011 par les deux afficionados Pierre Wizman et Pauline Cousseau ont décidé de surfer sur cette tendance (crédits photo: Alexandre Plateaux et polette). En effet, elle s’est enquis de relever un défi de taille proposer des montures travaillées par des créateurs maison, à flux tendus en fonction des paramètres de la Mode.


Ceci implique un renouvellement régulier de la gamme avec des arrivages quasi hebdomadaires à la fois sur la boutique en ligne ainsi que dans un des 4 showrooms en France et au Benelux dont un petit dernier qui ouvrira en mai 2018, à Bruxelles. Ces lieux sont en phase avec la révolution numérique que vit le marché optique puisque ce sont des centres de conseil permettant aux visiteurs d’évaluer leur correction sur place puis d’effectuer des essais en physique avant un éventuel achat ultérieur online.


Par ailleurs, ils font également office de lieu de réception où se tiennent des véritables défilés de mode mettant en lumière les toutes dernières créations, à l’instar de la dernière collection dans l’air du temps, baptisée Coachella, liée au Festival du même nom et ses inspirations très hippies.

Une création type des équipes polette qui tend à atteindre les standards de la mode, le modèle Stark mêlant la forme aviator avec l’ovale. Encerclé par du métal doré, et orné d’acétate couleur olive partiellement brillant, agrémenté de détails gravés.

Une flexibilité permise par l’absence d’intermédiaires sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en matière première, permettant ainsi un tarif fort attractif adaptée à une clientèle très portée sur la multiplication de détention d’accessoires de mode, munis de verres correcteurs à partir de 14,98€.


Dans le but de coller au plus près des affinités de chacun que ce soit sur des modèles vintage, classiques, modernes voire plus excentriques avec du design postmoderne, la marque travaille des matériaux, allant de l’acétate au bois, en passant par le plastique renforcé, le titanium et plus encore revêtant ces accessoires de style ou bien véritables oeuvres d’Art selon sa perception.


Des montures en provenance directe des usines pour des prix entre 4,99€ et 49,99€ et les verres (avec un grand choix possible de teintes pour aller plus loin dans la personnalisation), traitements compris, entre 9,99€ et 99,99€.
ShowRoom Paris, 91 Rue de Rivoli, 75001 Paris.
www.polette.com

Un évènement incontournable pour l’optique, le Silmo…

Pour ceux qui souhaiteraient enrichir leur culture optique et découvrir de nouveaux champs d’inspiration, le rendez-vous annuel incontournable du Silmo, à Paris, est à leur portée.
Le prochain rendez-vous de ce salon consacré à la lunetterie internationale, conventionnelle ou non, se tiendra du 28 septembre au 1er octobre 2018 (crédits photo: SILMO).

Ce véritable musée de la lunette est un le lieu de rencontre des différents acteurs du secteur.
Les plus luxueux comme les plus exotiques, un authentique voyage à travers un univers sujet aux formes et aux couleurs les plus osées.
L’espace se décline en de multiples fonctionnalités pour faciliter la visite.
Ainsi, l’application SILMO M@TCH facilite les rencontres, les connexions, les échanges, les découvertes et multiplier les opportunités de business. La SILMO ACADEMY propose de nouvelles compétences via des programmes de formations pour rester en phase avec les avancées scientifiques dans le domaine de la vision. Le prix décerné chaque année des SILMO D’OR récompense le talent et le savoir-faire de toute une filière et dont le palmarès est attendu chaque année.
Nouveauté 2018, le SILMO NEXT, rassemble tout ce qui concerne la prospective, l’innovation et les tendances ; il a été imaginé comme un « think tank » destiné à aider visiteurs et exposants à anticiper les changements en marche et à se projeter dans le futur de l’optique-lunetterie.
À noter la déclinaison de l’évènement sur d’autres places mondiales tout au long de l’année, SILMO Istanbul, SILMO Bangkok et SILMO Sydney.

Autre marque française qui monte, sous un autre registre, les lunettes Philippe V…

La marque d’optique Philippe V, française de coeur mais fondée à l’international (symbolisant l’aspect désormais universel du secteur), utilise majoritairement les meilleurs matériaux disponibles sur le marché de la lunetterie, à savoir de l’acier inoxydable et des acétates italiens et japonais, charnières allemandes ainsi que des verres français Essilor.
Tous les cadres Philippe V sont fièrement assemblés à la main au Japon, assurant ainsi un haut niveau d’artisanat et les processus d’AQ et de CQ les plus stricts.

On retrouve une gamme étendue à la joaillerie comprenant un esprit revisitant un univers composé d’une personnalité fortement rebelle mais empreinte d’élégance. Une facette “rock” assumée grâce à l’emploi de symboles gothiques, dont la classique tête de mort, rehaussés par des motifs torsadés et des motifs tribaux, comme celui de la fleur de lys rappelant les origines françaises des deux associés-créateurs de la marque Philippe V. Le détail s’exprime jusqu’à la taille des branches de la plupart des modèles, ostensiblement plus longues que la moyenne des montures du marché, ajoutant un point d’honneur à cet esprit rock caractérisé par une opulence généralisée. Par ailleurs, l’étui flanqué du logo métallique emblématique de la marque, vient sceller la pochette fermable à l’aide d’un cordon en probable référence aux cordons de besace, typiques de l’aussi si gothique période du Moyen-Age (crédits photos: Philippe V).

Avec plus de deux décennies d’expérience internationale en Europe, Japon, Asie et Amérique du Nord, Philippe Vergez a orchestré à plusieurs reprises la croissance rapide, le développement de la marque et la vente de marques telles que Oakley, Arnette et Ray Ban, jouant des rôles clés chez Baush et Luxxotica , ainsi que ses compétences en conception de produits auprès de certains des plus grands designers mondiaux. Après le lancement réussi de Jee Vice, sa première aventure en solo, Philippe a eu le privilège d’être classé parmi les 10 meilleurs concepteurs par Sunglasses Magazine et surnommé “le Manolo Blahnik des lunettes” (crédits photos: Philippe V).

Son associé, surfeur et DJ à ses heures perdues, Thierry Halbroth est avant tout un créatif qui a bâti avec succès sa carrière publicitaire chez Saatchi, McCann et Publicis.
“Sans domicile fixe” pendant la majeure partie de sa vie, Thierry a grandi dans l’industrie du surf en tant qu’ambassadeur et a travaillé pour Van, Rip Curl, Instinct, Mambo, Oakley, etc. Il a passé les 24 dernières années à vivre et travailler dans Asie-Pacifique.
Créatif atypique, Thierry Halbroth conjugue sa culture musicale avec son expérience mondaine et ses connaissances asiatiques intimes dans tout ce qu’il fait pour établir des liens entre les marques et les personnes.
C’est Thierry qui répond à nos questions ci-dessous afin d’en savoir plus sur leur démarche de création optique.

– Quel élément a fait rencontrer les associés pour créer cette marque?

Philippe et moi venons de la même région du Sud-Ouest de la France, Capbreton / Hossegor pour être précis. C’est là que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. J’ai quitté la France et l’Europe en 1993 et ​​ce n’est qu’en 2010 que nous avons recommencé à nous reconnecter. Philippe avait besoin d’aide marketing avec Jee Vice, la marque qu’il avait créée à Los Angeles et il commença à revenir fréquemment à Hong Kong. En 2013, il a finalement déménagé à Hong Kong après la vente de sa société. Pendant ce temps, nous avons eu beaucoup de temps pour nous reconnecter.

Comme le montre Philippe V, nous sommes à la fois des créateurs d’esprit et des entrepreneurs, donc nous sommes plus susceptibles que les précédentes entreprises de lunetterie qui étaient très dédiées aux femmes et à leur vie antérieure au sport et à l’action dominante. Nous avons identifié et reconnu qu’il y avait un manque criant sur ce marché dédié à une clientèle d’hommes anticonformistes, ce qui était dommage, parce que nous apprécions autour de cette thématique, était tellement cher. Nous étions juste marre de celui-ci, et plus nous l’aimons. Les lunettes furent un réel point de départ, puis vint la joaillerie et prochainement la mode et d’autres projets créatifs éventuellement, quand nous aurons le temps. Nous voulons que Philippe V soit connu comme une marque conceptuelle. Compte tenu de l’expérience de Philippe en matière de lunettes, il était facile de commencer par ce biais (crédits photos: Philippe V).

– Le terme d’anarchisme s’applique-t-il à vos lunettes et bijoux? Et comment? Quels éléments ou matériaux définissent cet état d’esprit?

Il est important de souligner que l’anarchie est plus importante que d’avoir une relation avec le monde. Nous nous référons à sa relation à l’individualisme pur. “Le véritable anarchiste décourage toutes les influences sauf celles de l’amour et de la raison, les idées sont ses seuls bras.” C’est pourquoi le désir de Philippe V est de créer une fraternité qui unit les gens du monde entier partageant le même état d’esprit, idéaux sur la mode, les voyages et le mode de vie. Mais nous souhaitons rester modestes puisque nous ne sentons pas obligés de crier pour nous faire entendre. Nous embrassons ces valeurs anarchistes authentiques et reconnaissons qu’elles sont le reflet direct de ce qui est enfoui dans l’essence même de la vie, comme une torsion, avec une grâce semblable à celle d’un caméléon qui garde votre esprit en éveil. Cet éthique dicte la façon dont nous créons et concevons nos produits, qui peuvent apparaitre de “normaux” de loin mais plus vous vous rapprochez, plus vous réalisez qu’ils ne le sont pas. Les subtilités marquant notre identité, sont omniprésentes sur nos montures, comme les crânes à l’arrière des pointes des branches, visibles, mais en même temps invisibles, la fleur de Lys sur le côté des branches ou des dispositifs graphiques et évidemment, notre palette de couleurs qui reste majoritairement noire et assez basique sur de nombreuses couleurs pour en dehors. Le verre solaire Black Shadow (notamment présent sur la photo ci-dessus avec le modèle best-seller N7) est un excellent exemple d’une collaboration de toutes pièces avec le concours d’Essilor SunSolutions, une création “maison” en quelque sorte! (crédits photos: Alexandre Plateaux).

À quelle phase en est le projet de la marque Philippe V?

Je ne voudrais pas être considéré comme une marque mature. Nous commençons à nous établir et être présent dans 25 pays pourrait certes en témoigner. Mais disons que de toutes pièces, nous sommes sur de bonnes bases.


Pourquoi avez-vous choisi de vous procurer du matériel au Japon et d’y produire? Est-il de nos jours l’endroit idéal dans la fabrication de lunettes de luxe?

Au tout début, nous voulions réellement fabriquer en Chine. Nous vivons à Hong Kong et la Chine est notre base arrière. Certains des meilleurs produits et des marques parmi les plus réputées fabriquent en Chine. Nous en avions aussi assez des marques de mode internationales qui étiquetaient tout “Made in Italy” alors que tout était en réalité fabriqué en Chine. Comme on peut le constater, “Made in Italy”… par des chinois. Bien que la plupart des consommateurs s’en dédouanent, ils sont cependant très avertis, mais ça ira, soyons comme Garrett Leight, fiers de fabriquer en Chine. Bien que ce ne soit pas un problème pour le consommateur final, c’en fut un gros pour nos clients directs, les opticiens et le commerce optique en général. Nous avons donc abandonné notre première production, et avons plutôt décidé de la délocaliser au Japon. Le Japon est connu pour son expertise dans l’artisanat, l’utilisation des meilleurs matériaux, etc. La Chine en dispose également, mais je pense qu’il faudra encore quelques années pour que les gens acceptent que la Chine ne produit pas seulement des jouets et des objets jetables, mais que sa qualité et son artisanat peuvent aussi être superbes. Le Japon est un symbole de qualité (souvenez-vous que ce n’était pas le cas dans un passé pas si lointain …) et beaucoup le voient comme une destination parfaite pour la production, en particulier dans l’industrie du luxe. Le Japon, l’Italie, la France et dans une certaine mesure, l’Allemagne sont beaucoup plus facile à vendre que la Chine… même si les marques de luxe chinoises se développent très fortement (crédits photos: Alexandre Plateaux / N7 Model by Philippe V).


– Enfin, dans quel sens pensez-vous qu’il existe un lien entre Optique et Art (PopCulture, Gothique, Baroque, RockNRoll …)? Pensez-vous que cela a toujours été le cas ou est-ce plutôt une tendance récente?

Pour nous, il ne s’agit pas d’une tendance en soi, mais de quelque chose que nous célébrons et que nous voulons continuer à célébrer. Les lunettes sont très visibles et mettent en valeur la personnalité de chacun, un peu comme la musique… Cela peut donner l’impression que quelqu’un est féroce, laid, beau, stupide, etc. La mode a toujours été une source d’inspiration et nous continuons En boucle, il n’est pas surprenant que l’art continue de l’influencer. Mais ce n’est pas pour tout le monde. La clé est d’arrêter de copier et plutôt de transformer et d’évoluer ces références artistiques tout en leur rendant hommage. Au final, la chose la plus importante pour Philippe en tant que designer et pour Philippe V en tant que marque est ce qui se passe lorsque nous appliquons ce que nous appelons la quatrième dimension (la façon dont le cadre améliore la beauté et le sens de l’être). Lorsque Philippe traduit ces valeurs dans tout notre design et que le porteur dit «oh, wow», lui et nous sommes tous extrêmement satisfaits et fiers (crédits photos: Alexandre Plateaux / N7 Model by Philippe V).

www.philippev.com

Sur le même sujet

Laissez un commentaire