Web 2.0

Web 2.0. Voilà un terme à la mode, sans que personne ne sache exactement ce qu’il représente. C’est à la fois la promesse d’un nouveau web et un notion fourre-tout un peu rassurante.

Essayons de faire en sorte qu’ici la définition soit claire à défaut d’être simple et manichéenne…
Web 2.0 est un terme souvent utilisé pour désigner ce qui est perçu comme une transition importante du World Wide Web, passant d’une collection de sites Web à une plate-forme informatique à part entière, fournissant des applications Web aux utilisateurs. Les défenseurs de ce point de vue soutiennent que les services du Web 2.0 remplaceront progressivement les applications de bureau traditionnelles.


Pour simplifier…

Dans sa conception originale, le Web (nommé dans ce contexte le « Web 1.0 ») comprenait des pages Web statiques qui étaient rarement mises à jour, voire jamais. Le succès de l’ère dot-com se basait sur un Web dynamique (parfois appelé « Web 1.5 »), où des systèmes de gestion de contenu servaient des pages Web dynamiques, créées à la volée à partir d’une base de données en constant changement. Le Web était considéré principalement comme un outil de diffusion et de visualisation de données, où des aspects comme le nombre de pages vues et l’esthétique revêtaient une très grande importance.

Les partisans de l’approche Web 2.0 pensent que l’utilisation du Web s’oriente de plus en plus vers l’interaction entre les utilisateurs, et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages Web. En ce sens, les sites Web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails Web centrés sur l’utilisateur plutôt que sur les sites web traditionnels.

Selon l’ancien rédacteur en chef de Wired, Kevin Kelly, la clef du succès dans cette nouvelle étape de l’évolution du web réside dans l’intelligence collective :

“Le web 2.0 repose sur un ensemble de modèles de conception : des systèmes architecturaux plus intelligents qui permettent aux gens de les utiliser, des modèles d’affaires légers qui rendent possible la syndication et la coopération des données et des services… Le web 2.0 c’est le moment où les gens réalisent que ce n’est pas le logiciel qui fait le web, mais les services !”.

Dale Dougherty de la société O’Reilly Media lors d’un brainstorming avec Craig Cline de MediaLive pour développer des idées pour une conférence conjointe. Il a suggéré que le Web était dans une période de renaissance, avec un changement de règles et une évolution des business models. Dougherty a donné des exemples au lieu de définitions : « DoubleClick, c’était le Web 1.0. Google AdSense, c’est le Web 2.0. Ofoto, c’était le Web 1.0. Flickr, c’est le Web 2.0. ».


Caractéristiques du Web 2.0

Bien que personne ne s’accorde véritablement sur le fond de la définition du Web 2.0, on admet généralement qu’il possède les caractéristiques suivantes :

  • le site ne doit pas être un jardin secret, c’est-à-dire qu’il doit être aisé de faire rentrer ou sortir des informations du système ;
  • l’utilisateur doit rester propriétaire de ses propres données ;
  • le site doit être entièrement utilisable à travers un navigateur standard ;
  • le site doit avoir des aspects de réseaux sociaux.


Web 2.0, infrastructure et technologies

L’infrastructure du Web 2.0 est complexe et changeante, mais elle inclut les logiciels de serveur, la syndication de contenu, les protocoles de messagerie, des standards de navigation, et des applications clientes diverses (les plugins, ou greffons, non-standards sont généralement évités). Ces approches complémentaires fournissent au Web 2.0 les capacités de stockage, de création et de diffusion qui vont au-delà de ce qui était précédemment attendu des sites Web.

Un site pourrait être appelé comme utilisant une approche Web 2.0 s’il fait la part belle à un certain nombre des techniques suivantes :

  • l’utilisation de CSS, d’un balisage XHTML sémantiquement valide, et des microformats ;
  • les techniques d’applications riches telles qu’AJAX ;
  • la syndication et l’agrégation de contenu RSS/Atom ;
  • la catégorisation par étiquetage ;
  • l’utilisation appropriée des URL ;
  • une architecture REST ou des services Web XML.


Pour conclure…

Tout le monde s’accorde à reconnaître que le web 2.0 est en quelque sorte une plate-forme d’innovation qui fait du web un système d’exploitation, c’est-à-dire que le web 2.0 serait une attitude ou une philosophie d’ouverture sociale dont le but est d’abandonner le contrôle individuel sur les choses au profit de la participation du plus grand nombre.
Ainsi selon Richard MacManus ;

“Le web 2.0 est social, est ouvert (ou il le devrait), il vous laisse le contrôle de vos données, il mélange le global au local. Le web 2.0 correspond à de nouvelles interfaces – de nouvelles manières de rechercher et d’accéder au contenu. Le web 2.0 est une plateforme – et pas seulement pour que les développeurs créent des applications comme Gmail ou Flickr. Le web 2.0 est une plateforme prête à recevoir les éducateurs, les médias, la politique, les communautés, pour pratiquement chacun en fait !
[…] Le web 2.0 c’est tout cela et ne laissez personne vous dire que c’est l’une ou l’autre de ces définitions. Le web 2.0 parle des personnes, quand le web descend à eux.”

Le web ne serait donc plus une simple aventure technologique accessible uniquement aux développeurs mais bien une aventure humaine et sociétale.

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